Guerre en Ukraine : Les sanctions occidentales se durcissent, Vladimir Poutine réplique en agitant la dissuasion nucléaire

RECAP' « 20 Minutes » fait le point pour vous tous les soirs sur l’avancée du conflit en Ukraine

Xavier Regnier
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Vladimir Poutine a demandé à son armée de mettre en alerte la force de dissuasion nucléaire.
Vladimir Poutine a demandé à son armée de mettre en alerte la force de dissuasion nucléaire. — Sergei Guneyev/AP/SIPA
  • La Russie a lancé son « opération militaire » en Ukraine le jeudi 24 février. Tous les soirs, à 19h30, 20 Minutes vous propose son point récap' sur le conflit devenu une guerre qui fait chaque jour des victimes, des blessés et des milliers de réfugiés.
  • Qui a fait quoi ? Qui a dit quoi ? Et qui soutient qui et pourquoi ? Vous saurez tout sur l’avancée des négociations et sur les événements de cette crise qui secoue la Russie, l’Ukraine, l’Europe ou encore les Etats-Unis.
  • Ce dimanche, l’Europe a fermé son ciel aux avions russes et Vladimir Poutine a demandé à son armée de mettre en alerte la « force de dissuasion ».

Vous avez raté les derniers événements sur la guerre déclenchée par Vladimir Poutine en Ukraine ? Pas de panique, 20 Minutes fait le point pour vous tous les soirs, à 19h30. Qui a fait quoi ? Qui a dit quoi ? Où en sommes-nous ? La réponse ci-dessous :

L’info du jour

A l’occasion d’une réunion entre les ministres des Affaires étrangères européens, le chef de la diplomatie danoise Jeppe Kofod a proposé et obtenu « une fermeture à l’échelle de l’UE » des espaces aériens contre les avions russes. A l’image de plusieurs pays européens, la France avait décidé en fin de matinée de fermer son espace aérien « aux avions et compagnies aériennes russes à compter de ce soir ». C’est le ministre des Transports, Jean-Baptiste Djebbari, qui l’a annoncé sur Twitter, affirmant que « l’unité de l’Europe est totale » face à l’ invasion de l’Ukraine. Dans la journée, le Canada, l’Allemagne et l’Espagne ont aussi fermé leurs espaces aériens à la Russie.

Une autre décision a été prise à l’échelle européenne : l’interdiction de diffusion des chaînes pro-russes Russia Today et Sputnik. « Nous coupons la tête du serpent », a déclaré Ursula von der Leyen, la présidente de la Commission européenne, considérant que ces médias diffusaient la propagande russe.

La phrase du jour

« J’ordonne au ministre de la Défense et au chef d’état-major de mettre les forces de dissuasion de l’armée russe en régime spécial d’alerte au combat. »

La dernière annonce de Vladimir Poutine a mis en alerte rouge toutes les puissances nucléaires. Si, comme pour la guerre, le terme n’a pas été employé, les nombreuses ogives nucléaires détenues par la Russie font en effet, partie de l’arsenal de cette force de dissuasion. Le maître du Kremlin a justifié cette décision par les « déclarations belliqueuses de l’ Otan » envers la Russie. Il a également critiqué les sanctions économiques prises à l’encontre de la Russie pour son invasion de l’Ukraine, selon lui « illégitimes ».

Cette annonce de Moscou « signifie que le président Poutine continue l’escalade dans cette guerre, d’une manière qui est totalement inacceptable », a déclaré sur CBS l’ambassadrice américaine à l’ONU, Linda Thomas-Greenfield. « Nous devons continuer à dénoncer ses actions de la façon la plus sévère qu’il soit », a-t-elle ajouté. Vladimir Poutine « fabrique des menaces qui n’existent pas », a pour sa part dénoncé dimanche la porte-parole de la Maison-Blanche Jen Psaki, interrogée sur la question sur ABC.

Le chiffre du jour

368.000 Ukrainiens ont fui leur pays depuis le début de l’invasion russe jeudi, selon le Haut-Commissariat aux Réfugiés. Plus de la moitié des réfugiés, soit près de 200.000 personnes, sont entrés en Pologne depuis jeudi, ont annoncé dimanche les gardes-frontières polonais. Ils en avaient recensé 77.300 pour la seule journée de samedi. Les réfugiés commencent également à arriver en Roumanie, en Hongrie et en Allemagne. Les trains allemands et autrichiens ont d’ailleurs été rendus gratuits pour les Ukrainiens, afin de mieux répartir l’effort d’accueil des réfugiés.

La tendance du jour

Sur le plan des opérations militaires, le conflit semble s’enliser. L’armée russe n’est toujours pas entrée dans Kiev et a été chassée de la ville orientale de Kharkiv. Les forces ukrainiennes indiquaient dans la journée y éliminer les dernières poches de résistance. En revanche, deux villes du sud sont encerclées par la Russie : Kherson et Berdiansk. Après avoir refusé de se jeter dans la gueule du loup à Gomel, ville biélorusse qui sert de base arrière à l’armée russe, le président ukrainien Volodymyr Zelensky a accepté d’entamer des pourparlers « dans la région de la rivière Pripiat », près de Tchernobyl, à la frontière.

Le chef de la diplomatie ukrainienne Dmytro Kouleba a prévenu que son pays ne « capitulera pas » face à Moscou. « Je ne crois pas trop à un résultat », mais « il faut qu’on essaie », a quant à lui déclaré le président ukrainien, Volodymyr Zelensky, dans une déclaration vidéo. Mais le conflit se généralise sur le plan diplomatique et économique. Plusieurs banques russes vont être coupées du système Swift, mettant sur la touche une grande part de l’économie du pays. L’Union européenne a fermé son espace aérien aux avions russes et bannis les médias Russia Today et Sputnik, relais de la propagande de Vladimir Poutine. Ce dernier a réagi en demandant à son armée de mettre en alerte la « force de dissuasion », qui comprend l’arsenal nucléaire du pays.

Et les missiles ne seront pas forcément braqués que sur l’Ukraine, puisque le maître du Kremlin a justifié sa décision par les sanctions occidentales. Dans le même temps, l’Allemagne et la Suède ont brisé deux grands tabous de leur histoire : le budget de la Bundeswehr va être considérablement augmenté et doit tendre vers 2 % du PIB allemand et la nation scandinave va fournir des armes létales à un autre pays, l’Ukraine, pour la première fois depuis 1939.