Guerre en Ukraine : De nombreux pays infligent à la Russie une nouvelle vague de sanctions

REPRESAILLES Bruxelles a durci ses sanctions notamment dans les secteurs de l’énergie, de la finance et des transports. Les Américains ont visé les banques, les élites et les exportations russes

20 Minutes avec AFP
La présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen, à la fin du sommet européen sur l'Ukraine, à Bruxelles le 25 février 2022.
La présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen, à la fin du sommet européen sur l'Ukraine, à Bruxelles le 25 février 2022. — Johanna Geron/AP/SIPA
  • Jeudi, Vladimir Poutine a lancé l’offensive russe contre l’Ukraine
  • De Washington à Bruxelles, en passant par Londres et Tokyo, de nombreux pays ont condamné cette guerre et ont accentué les sanctions contre la Russie
  • Ces nouvelles sanctions visent notamment les banques russes et les proches du Kremlin
  • L’objectif est aussi d’empêcher la Russie de lever de l’argent sur les marchés financiers occidentaux

Le Kremlin avait été prévenu avant d’attaquer l’Ukraine, de nombreux pays ont donc mis depuis jeudi leurs menaces de sanctions à exécution. Celles-ci sont principalement économiques et visent les banques ou encore les cercles autour de Vladimir Poutine.

L’Union européenne, réunie en sommet à Bruxelles, a ainsi annoncé jeudi soir durcir ses sanctions contre la Russie dans les secteurs de l’énergie, de la finance et des transports. Les 27 n’ont cependant pour l’instant pas exclu Moscou du réseau bancaire Swift, qui permet de recevoir ou d’émettre des paiements dans le monde entier.

La Biélorussie également visée

L’objectif est notamment de limiter drastiquement l’accès de la Russie aux marchés de capitaux européens. L’UE va aussi réduire l’accès des Russes à des « technologies cruciales », en les privant de composants électroniques et de logiciels. Selon un projet de texte, il inclurait notamment l’interdiction d’exporter vers la Russie des avions, pièces et équipements de l’industrie aéronautique et spatiale, ainsi que des technologies de raffinage pour l’industrie pétrolière.

Enfin, de nouvelles sanctions frapperaient des individus dans les cercles du pouvoir (gel des avoirs, interdiction du territoire européen…). La Biélorussie, accusée d’être impliquée dans les opérations russes, sera aussi frappée de sanctions supplémentaires.

Le président américain Joe Biden a également annoncé le même jour une série de nouvelles sanctions visant les banques, élites et exportations russes. Quatre banques russes supplémentaires, dont les deux plus grandes du pays, Sberbank and VTB Bank, vont ainsi être sanctionnées et plus de la moitié des importations technologiques de la Russie supprimées, a-t-il affirmé lors d’un discours depuis la Maison-Blanche. Le géant de l’énergie Gazprom et 13 autres grandes entreprises du pays ne pourront plus lever d’argent sur les marchés financiers occidentaux, une sanction qui avait déjà été prise contre le gouvernement russe lui-même.

Les Etats-Unis ont également allongé la liste des oligarques russes pénalisés et restreint les exportations vers la Russie de produits technologiques destinés aux secteurs de la défense et de l’aéronautique. Washington a aussi annoncé des sanctions contre 24 personnes et organisations biélorusses.

Les avions d’Aeroflot privés de Royaume-Uni

Jeudi toujours, le Royaume-Uni a imposé une nouvelle série de sanctions contre la Russie, interdisant à la compagnie aérienne Aeroflot de desservir le Royaume-Uni et ciblant le secteur bancaire, les exportations de technologies et cinq hommes d’affaires. En plus de cinq banques déjà sanctionnées mardi, le géant public bancaire russe VTB est visé et voit ses actifs sur le sol britannique gelés. Plus généralement, les nouvelles mesures « vont nous permettre d’exclure totalement les banques russes du secteur financier britannique », a précisé Boris Johnson. Elles vont aussi empêcher les entreprises publiques comme privées de lever des fonds au Royaume-Uni et limiter les sommes que les Russes peuvent détenir sur leurs comptes bancaires britanniques.

Le Japon a pour sa part annoncé vendredi des sanctions supplémentaires contre Moscou, visant le secteur financier et l’exportation de composants électroniques. Celles-ci « comprennent le gel des actifs et la suspension de la délivrance de visas à des personnes et organisations russes », a déclaré le Premier ministre. Fumio Kishida a également annoncé d’autres mesures « sur les exportations vers les organisations russes liées à l’armée » et sur des « biens à usage général comme les semi-conducteurs et les articles figurant sur une liste restreinte basée sur des accords internationaux ».

Les mercenaires de Wagner ciblés par Ottawa

Moscou est également dans le viseur du Canada. Ottawa va sanctionner « 58 personnes et entités » russes, a annoncé le Premier ministre Justin Trudeau. Des ministres sont précisément ciblés : ceux de la Défense, des Finances et de la Justice, ainsi que le groupe de mercenaires russes Wagner, réputé proche de Vladimir Poutine. Le Canada a également suspendu les permis d’exportation pour la Russie, pour une valeur de plus de 700 millions de dollars canadiens (487 millions d’euros) et visant notamment des entreprises du secteur aérospatial, minier et des technologies de l’information.

Enfin en Australie, le Premier ministre Scott Morrison a annoncé jeudi une « deuxième série » de sanctions contre quatre institutions financières et 25 personnes appartenant à quatre entités en charge du développement et de la vente de d’équipements militaires. Il a précisé que d’autres séries de sanctions, notamment à l’encontre de plus de 300 membres de la Douma ayant voté pour l'« invasion illégale de l’Ukraine », seront imposées « au fur et à mesure que nous identifierons les responsables ».

La Suisse a par contre décidé de ne pas s’aligner sur les sanctions occidentales envers la Russie. Toutefois, elle va prendre les mesures nécessaires pour éviter d’être utilisée comme base de contournement par Moscou, a déclaré son président Ignazio Cassis.