Guerre en Ukraine : La Finlande et la Suède prévoient de rester hors de l’OTAN

DIPLOMATIE Ces deux pays ne veulent pas prendre de risques

20 Minutes avec AFP
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Drapeaux du bloc militaro-politique de l'OTAN (OTAN) et de l'Union économique européenne (CEE).
Drapeaux du bloc militaro-politique de l'OTAN (OTAN) et de l'Union économique européenne (CEE). — Kommersant/SIPA

​Pas d’alliance atlantique pour la Suède et la Finlande. Les deux pays ont en effet fait savoir ce jeudi qu’ils comptaient bien rester en dehors de l’Otan malgré le « choc » de l’invasion russe en Ukraine et l’inquiétude de voir Moscou s’en prendre à un pays riverain.

Avec l’offensive militaire ordonnée cette nuit par Vladimir Poutine, « nous sommes entrés dans un nouveau chapitre sombre de l’histoire européenne », a affirmé la Première ministre suédoise Magdalena Andersson lors d’une conférence de presse, condamnant « une violation évidente du droit international ».

Une « politique de sécurité inchangée »

Malgré un débat relancé dans le pays nordique sur une adhésion à l’Otan, la dirigeante sociale-démocrate a défendu le maintien de la Suède hors de l’alliance atlantique. « Dans une telle situation, il est crucial que la ligne de la Suède dans sa politique de sécurité reste inchangée », a-t-elle plaidé. « La Suède est hors des alliances depuis extrêmement longtemps. Cela a bien servi les intérêts de la Suède ».

Un peu plus tôt en Finlande, l’exécutif avait également exclu pour l’heure une adhésion à l’Otan. « Nous avons une stratégie de sécurité conçue pour les temps de crise. Nous utiliserons les moyens à notre disposition, y compris la coopération avec nos partenaires de l’Otan », a déclaré le ministre des Affaires étrangères Pekka Haavisto lors d’une conférence de presse convoquée en urgence. « Après la crise, nous verrons si d’autres actions sont nécessaires », a-t-il affirmé.

Contrairement à la Suède, la Finlande a adopté une disposition dite d'« option Otan », qui signifie que « si la sécurité du pays l’exige, la Finlande a l’opportunité de demander l’adhésion », a rappelé la Première ministre Sanna Marin.

Un plan d’accueil de réfugiés mis en place par la Finlande

Le débat sur l’adhésion à l’Otan, déjà vif ces dernières semaines, « va certainement être de plus en plus nourri en Finlande. Il exige toutefois un consensus parlementaire fort », a-t-elle souligné. Helsinki a également dit préparer un plan d’accueil de réfugiés du fait de l’invasion russe en Ukraine, face au risque d'« un grand nombre de réfugiés » en Europe.

De son côté, la Norvège, membre de l’Alliance atlantique, a condamné une « grave violation du droit international » et annoncé le déplacement « temporaire » de son ambassade de Kiev à Lviv, dans l’ouest du pays. « L’attaque est une grave violation du droit international et met en danger la vie de personnes innocentes », a tweeté le Premier ministre norvégien, Jonas Gahr Støre.

Le Danemark, également nation otanienne, a lui convoqué l’ambassadeur russe, pour condamner l’invasion. « Ce jour est une tache dans l’histoire de la Russie. Le Danemark condamne fermement l’attaque impitoyable et totalement injustifiée de la Russie contre l’Ukraine. Nous l’avons dit en termes très clairs directement à l’ambassadeur russe », a affirmé le ministre des affaires étrangères Jeppe Kofod dans un communiqué.