Guerre en Ukraine : Kiev se réveille au son des bombardements russes, entre appel au calme et fuite vers l’ouest

RECIT Dans la capitale ukrainienne, la confusion et la peur règnent après le début des bombardements lancés par la Russie

X.R. avec AFP
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Kiev s'est réveillé au bruit des bombes qui tombaient et constate les premiers dégâts.
Kiev s'est réveillé au bruit des bombes qui tombaient et constate les premiers dégâts. — Sergei Supinsky / AFP

Dans la nuit, le bruit tant redouté depuis des jours réveille la capitale ukrainienne dans un moment de panique. A 4h30, les premières explosions déchirent au loin le ciel de Kiev, pour la première fois depuis la Seconde Guerre mondiale. Au moment où le jour se lève, les premières sirènes d’avertissement retentissent pendant de longues minutes depuis des haut-parleurs à travers la capitale. Ça y est, la Russie est passée à l’attaque.

« J’ai été réveillée par le bruit des bombes, j’ai fait des sacs et je me suis enfuie. » Accroupie en état de choc sur le sol du métro où elle a trouvé refuge, Maria Kashkoska, 29 ans, entrepreneuse, veut rester « prête à toutes les éventualités ». Aux balcons, des regards inquiets et des questions sans réponses pendant de longues minutes : est-ce un raid aérien, des explosions ? Quelles sont les cibles touchées ?

Sirènes partout, sécurité nulle part

Une heure après ce réveil en panique, personne ne sait, aucune information sur l’origine ou la cible de ces explosions dans ou autour de la capitale ne filtre. Sans attendre de savoir, les habitants de Kiev prennent la route. Les avenues se retrouvent, alors qu’il fait encore noir, avec le trafic des heures de pointe. Des voitures remplies de familles filent vers l’extérieur de la ville, l’ouest ou à la campagne, au plus loin de la frontière russe, située à 400 km.

Si le front de l’est est celui où les bombardements semblent soutenus, aucune région de l’Ukraine ne semble à l’abri. A l’autre bout du pays, dans la ville balnéaire d’Odessa et même à Lviv, la ville de l’ouest où les Etats-Unis et plusieurs autres pays ont déplacé leurs ambassades, les sirènes, indiquant qu’il faut se mettre à l’abri en urgence, se mettent aussi à sonner toutes les 15 minutes.

Fuir pour « sauver nos vies » et appel au calme

« Gardez votre calme ! », écrit sur Twitter le ministre de la Défense, Oleksiï Reznikov. « Si possible, restez chez vous. La situation est sous contrôle (…) Votre tranquillité d’esprit et votre confiance dans les forces armées ukrainiennes sont actuellement la meilleure aide », enjoint-il à la population. Devant la station de métro de la place Maïdan, au centre de Kiev, une femme tente de faire taire les hurlements de son chat, jeté à la va-vite dans un sac à dos. « Nous devons sauver nos vies, et on espère que le métro est assez sécurisé, comme c’est sous terre », souffle Ksenia Mitchenka, avant de s’engouffrer dans le métro.

Des familles affluent devant l’entrée de la station valises et sacs à la main, les yeux rivés sur leurs téléphones. Les agents ont ouvert les tourniquets et indiquent le chemin. Au bout des interminables escalators, des groupes de personnes attendent, assis à même le sol. « Nous restons ici, c’est plus sûr, on va attendre ici », explique dans le métro une jeune femme, refusant de donner son nom, qui garde contre elle son sac avec ses papiers, des chargeurs et beaucoup d’argent en liquide. « Les essentiels » pour fuir en temps de guerre.