Conflit Ukraine-Russie : « Un conflit qui démarre aux frontières de l’Europe… Cela peut s’arrêter où ? », se demandent nos lecteurs

VOTRE VIE VOS AVIS Avec de telles tensions aux portes de l’Europe, l'inquiétude, voire l'angoisse est palpable chez nos lecteurs

Pierre Cloix
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La tension est montée d'un cran en Ukraine, après la conférence de presse de Poutine
La tension est montée d'un cran en Ukraine, après la conférence de presse de Poutine — EyePress News/Shutterstock/SIPA
  • À la frontière entre l’Ukraine et la Russie, la tension continue de monter.
  • Les alliés occidentaux, et peut-être même le monde entier, a les yeux tournés vers Kiev.
  • Nous avons demandé à nos internautes ce qu’ils pensaient du conflit.

« Bien sûr que j’ai la trouille ! ». Jean-François ne cache pas ses sentiments quant à ce qu’il se passe à près de 3.000 km de la France. Alors que les tensions entre l’Ukraine, ses alliés occidentaux et la Russie continuent leur escalade, et que l’ONU met en garde contre un « conflit » majeur, tous les yeux sont rivés vers le Donbass. Ceux de nos internautes compris. Si loin et pourtant aux portes de l’Europe, les frictions géopolitiques à l’Est, intriguent, interrogent, ou inquiètent

« Nous avons à Kiev un bébé en route grâce à une GPA »

Aux enjeux internationaux se distinguent des histoires plus personnelles, de celles qui marquent. Sylvie et son mari ont éprouvé la douleur de perdre deux petites filles in-utero lors de grossesses. La mère a failli mourir des suites d’une septicémie et à chaque fois leurs bébés se sont éteints lors du cinquième mois. Cette fois, le couple a décidé de passer par une autre voie pour devenir parents. « Nous avons à Kiev un bébé en route grâce à une GPA », livre-t-elle. Une petite fille, cette fois encore, « portée par une jeune ukrainienne depuis plus de quatre mois. » Forcément, Sylvie et son compagnon ne regardent pas les informations du même œil : « Nous avons peur pour le peuple adorable que nous avons découvert, et peur de perdre une troisième fois notre bébé. »

Elizaveta, elle aussi, est l’une des premières concernées. L’Ukraine, ce pays à l’Est, c’est le sien. Née à Zaporijjia (au sud-est, non loin du Donbass et de la Crimée, déjà occupée par l’armée russe), elle n’a pu que regarder la situation se tendre : « Ces huit dernières années, et j’ai beau à être diplômée, éduquée à ce que la justice doit toujours finir par être rendue, mais à présent, et depuis huit ans, je n’ai que mes yeux pour pleurer. L’Ukraine entière, un pays de 45 millions est abandonné par ses alliés. C’est une injustice. » Si dimanche notre lectrice a pu souffler un peu car ses « parents sont arrivés en France » grâce à son « insistance », elle n’en reste pas moins inquiète pour son frère, resté sur place, « car il n’envisage pas d’abandonner notre pays aux terroristes russes », confie Elizaveta.

Doit-on s’inquiéter pour nous ?

Si ces considérations peuvent paraîtres lointains à certains, comme Hubert, qui n’est « pas inquiet » car « Kiev est à 2.400 km de Paris », d’autres comme notre lectrice Lydie, les prennent à cœur. « Oui, j’ai peur que ce conflit prenne de l’ampleur », dit-elle. Car la distance peut se révéler toute relative : « On a beau être en France, nous avons connu suffisamment de guerres pour savoir qu’elles ont toujours des répercussions sur les pays alentours. »

Des répercussions qui pourraient être concrètes, même sans conflit avec la France. « Ce qui m’inquiète, surtout ce sont les conséquences d’une guerre. La baisse catastrophique des marchés boursiers, l’augmentation très possible du gaz et notre pouvoir d’achat qui pourrait subir une baisse énorme », craint Michel, tout comme Nil, qui souligne la possible « hausse des prix sur l’énergie et sur les dérivés du blé. »

Au-delà de ces considérations terre à terre, de telles tensions peuvent laisser songeur, et l’interrogation de notre lectrice Annie-Claude résume bien les enjeux diplomatiques et géopolitiques qui se jouent actuellement : « Un conflit qui démarre aux frontières de l’Europe… Cela peut s’arrêter où ? »