Bosnie : Le chef de la diplomatie européenne juge la situation politique «plus préoccupante que jamais»

EUROPE Les visées sécessionnistes de l'entité serbe font craindre un retour aux années noires du conflit intercommunautaire, a déclaré dimanche le chef de la diplomatie européenne Josep Borrell.

David Blanchard
Un contrôle douanier à la frontrière entre la Bosnie-Herzégovine et la Croatie, côté bosnien. (Illustration
Un contrôle douanier à la frontrière entre la Bosnie-Herzégovine et la Croatie, côté bosnien. (Illustration — ELVIS BARUKCIC / AFP

Alors que l’Europe a les yeux rivés sur l’Ukraine, la situation politique en Bosnie est « plus préoccupante que jamais », s’inquiète le chef de la diplomatie européenne Josep Borrell. Les visées sécessionnistes de l’entité serbe font craindre un retour aux années noires du conflit intercommunautaire.

« Ça n’a jamais été facile mais maintenant les tendances centrifuges sont vraiment très préoccupantes », s’est inquiété Josep Borrell dans une intervention à la Conférence de Munich sur la sécurité.

Deux entités serbe et croato-musulmane, et un Etat central

Ces derniers mois, les tensions ont augmenté dans ce pays constitué de deux entités – la République Srpska (RS, serbe) et une fédération croato-musulmane – unies par un Etat central, avec la multiplication des menaces sécessionnistes du leader politique de la RS, Milorad Dodik.

Le chef de la diplomatie de l’UE en a appelé « à la responsabilité des leaders politiques de la Bosnie pour éviter l’éclatement du pays », les exhortant à «mener à bien les réformes constitutionnelles et électorales nécessaires. Nous n’accepteront pas l’éclatement et la désintégration de la Bosnie», a assuré Josep Borrell alors que ces développements inquiétants doivent être à l’ordre du jour d’une réunion des ministres des Affaires étrangères de l’UE lundi.

Milorad Dodik, l’élu serbe à la présidence tripartite du pays, a multiplié ces derniers mois les discours séparatistes, donnant l’impression de vouloir quitter les institutions centrales de ce pays des Balkans le plus vite possible. Ces déclarations lui ont valu des sanctions américaines.

Le 10 décembre, le Parlement de la RS avait donné au gouvernement de cette entité des Serbes de Bosnie un délai de six mois pour organiser légalement le départ de trois institutions cruciales communes à l’Etat central : l’armée, la justice et les impôts.