Menacée par les talibans, une institutrice afghane enseigne clandestinement aux jeunes filles

EDUCATION Ce dimanche, Brut, partenaire de « 20 Minutes », rencontre une femme qui lutte, au péril de sa vie, contre l’obscurantisme

20 Minutes avec Brut
Jeune afghane lors d'une réunion familiale (en 2012)
Jeune afghane lors d'une réunion familiale (en 2012) — Mette Bastholm-Helmand / PRT / Danish Ministry of Foreign Affairs / Department for International Development / Wikimedia CC BY-SA 2.0

Près de six mois après que leur pays fut retombé aux mains des talibans, et en dépit des promesses « progressistes » de ces derniers, les Afghanes se voient de plus en plus privées de libertés. Les jeunes filles de plus de douze ans n’ont, par exemple, plus le droit de retourner à l'école. Une mesure révoltante pour cette institutrice qui continue, en toute clandestinité, à dispenser des cours à « des femmes illettrées le matin et des filles de niveau sept [et plus] l’après-midi ».

Ses cours sont très prisés malgré le danger : « Il y a quelque temps, une personne du quartier nous a dénoncées auprès des talibans. On leur a dit que c’était un atelier de couture, raconte l’institutrice. Ensuite, on a déposé un saint Coran dans la classe. S’ils reviennent, je dirai que je leur enseigne le Coran ».

« La non-scolarisation des filles est un handicap national »

« Même si les talibans sont contre l’éducation, je n’ai pas peur car je m’instruis, je développe mon esprit ! », témoigne une jeune élève. De quoi conforter son institutrice dans sa résolution d’aider « les femmes, qui représentent la moitié de la société afghane, à progresser, souligne-t-elle. Car si les filles ne sont pas scolarisées, la moitié du pays sera handicapée ». Assistez à l’un de ces cours clandestins dans cette vidéo de notre partenaire Brut.