Conflit Ukraine - Russie : Avant la conférence de Munich, Berlin critique des exigences russes « datant de la Guerre froide »

RETOUR VERS LE FUTUR L’Allemagne et la Chine ont respectivement dénoncé des exigences russes et américaines datant de la Guerre froide

X.R. avec AFP
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La crise en Ukraine a occupé les discussions du dernier conseil de sécurité de l'ONU.
La crise en Ukraine a occupé les discussions du dernier conseil de sécurité de l'ONU. — Richard Drew/AP/SIPA

La conférence de Munich sur la sécurité a lieu chaque année, mais il y flotte cette année une ambiance très particulière. Un parfum de Guerre froide, avec des tensions cristallisées entre la Russie et les Etats-Unis à propos de la crise ukrainienne, à en croire l’  Allemagne. « Avec un déploiement sans précédent de troupes à la frontière avec l’Ukraine et des exigences datant de la Guerre froide, la Russie remet en cause les principes fondamentaux de l’ordre de paix européen », a déclaré dans un communiqué la ministre allemande des Affaires étrangères Annalena Baerbock. Expression reprise par la  Chine, qui s’est mêlée au débat jeudi, lors de la réunion du Conseil de sécurité, estimant que « l’expansion constante de l’  Otan, dans le sillage de la Guerre froide, (allait) à l’encontre de notre époque ».

La liste des présents de ce grand raout de la défense, où se rencontrent pendant trois jours dirigeants internationaux et diplomates de haut rang, en est la preuve. Sont notamment attendus à Munich la vice-présidente américaine Kamala Harris, le secrétaire d’Etat américain Antony Blinken, le chef des Nations unies Antonio Guterres, la présidente de la Commission européenne Ursula von der Leyen, le chef de l’OTAN Jens Stoltenberg et le président ukrainien Volodymyr Zelensky. Mais la Russie, dont le ministre des Affaires étrangères Sergeï Lavrov est régulièrement venu à cette conférence annuelle, n’a pas prévu de participer cette année.

Un retrait peu convaincant

Le chef de la diplomatie russe rencontrera son homologue américain Antony Blinken la semaine prochaine « à condition qu’il n’y ait pas d’invasion russe de l’Ukraine », a indiqué jeudi soir le département d’Etat. Selon un responsable de la Maison blanche, le président Biden s’entretiendra vendredi après-midi « avec les dirigeants transatlantiques (…) au sujet des troupes militaires russes massées à la frontière de l’Ukraine » et des efforts en vue de faire prévaloir la diplomatie.

Jeudi, le dialogue de sourds s’est poursuivi entre les Etats-Unis et la Russie, prenant un tour très solennel au conseil de sécurité de l’ONU où Antony Blinken est venu exhorter les Russes à « abandonner la voie de la guerre ». « Toutes les indications que nous avons, c’est que (les Russes) sont prêts à entrer en Ukraine, à attaquer l’Ukraine », avait dit auparavant Joe Biden, jugeant l’offensive possible « dans les prochains jours ». Moscou avait annoncé mardi et mercredi le retrait de ses troupes, images de trains chargés d’équipements à l’appui, mais sans convaincre les Occidentaux.