Convois de la liberté : La police se déploie en masse dans les rues d’Ottawa

CONTESTATION La police a averti les manifestants qu’ils devaient quitter les lieux « immédiatement »

20 Minutes avec AFP
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Un policier marche devant les camions qui bloquent les rues, le 17 février 2022.
Un policier marche devant les camions qui bloquent les rues, le 17 février 2022. — Robert Bumsted/AP/SIPA

La police s'est déployée en masse jeudi matin dans les rues d'Ottawa, occupées depuis bientôt trois semaines par des manifestants anti-mesures sanitaires qui refusent de partir. Pour la première fois depuis le début du mouvement, des centaines de policiers se sont positionnés face aux contestataires et aux camions qui bloquent les rues.

De grandes grilles et des barricades ont été par ailleurs montées par les forces de l'ordre afin de protéger les bâtiments du Parlement. La police a averti les manifestants qu'ils devaient quitter les lieux «immédiatement». Quelque 400 camions sont toujours installés dans les rues du centre-ville d'Ottawa et plusieurs ont retiré les pneus de leur véhicule pour les rendre plus difficiles à enlever.

Une contestation qui n'a «plus rien de pacifique»

La contestation anti-mesures sanitaires au Canada  qui dure depuis bientôt trois semaines n’a plus rien de « pacifique », a estimé un peu plus tôt le Premier ministre canadien.  Justin Trudeau s’est exprimé à la Chambre des communes sur la mise en œuvre de la loi sur les mesures d’urgence ce jeudi.

« Les blocus illégaux et les occupations ne sont pas des manifestations pacifiques », a-t-il déclaré ajoutant qu’il était temps de « rétablir la confiance dans (les) institutions ». Lundi, en réponse à cette crise nationale, le Premier ministre a invoqué le recours à la loi sur les mesures d’urgence pour la deuxième fois dans l’histoire du Canada en temps de paix.

« Maîtriser la situation »

Cette disposition, qui permet d’avoir recours à des « mesures extraordinaires », avait été utilisée la dernière fois lors de la crise de 1970 au Québec  quand Pierre Elliott Trudeau, le père de l’actuel Premier ministre, dirigeait le Canada.

« L’objectif de toutes les mesures, y compris les mesures financières prévues dans la loi sur les mesures d’urgence, est de faire face à la menace actuelle et de maîtriser pleinement la situation », a ajouté Justin Trudeau. « Les blocus et les occupations constituent une menace pour notre économie et nos relations avec nos partenaires commerciaux », a-t-il encore précisé.

« Menace pour la démocratie »

En réponse aux oppositions qui lui reprochent l’invocation de cette loi, il a redit que « nous n’utilisons pas la loi sur les situations d’urgence pour faire appel à l’armée. Nous ne limitons pas la liberté d’expression des gens. Nous ne limitons pas la liberté de réunion pacifique », a-t-il précisé.

Dans une lettre adressée aux Premiers ministres des provinces mercredi soir, Justin Trudeau avait estimé que le mouvement « menaçait la démocratie » et minait « la réputation du Canada à l’étranger ». Minimisé au départ par les autorités, le mouvement de contestation canadien qui a débuté fin janvier est parti de camionneurs protestant contre l’obligation d’être vacciné pour passer la frontière entre le Canada et les  Etats-Unis. Mais les revendications se sont étendues à un refus de l’ensemble des mesures sanitaires et, pour de nombreux manifestants, à un rejet du gouvernement de Justin Trudeau.