Conflit Ukraine-Russie : Kiev et les séparatistes pro-russes se rejettent la faute après des bombardements

C'EST PAS MOI Le Premier ministre britannique Boris Johnson a accusé la Russie de « provocation » visant à « discréditer » Kiev et à justifier une intervention

20 Minutes avec AFP
Une école maternelle après un bombardement dans la colonie de Stanytsia Luhanska, en Ukraine, le 17 février 2022.
Une école maternelle après un bombardement dans la colonie de Stanytsia Luhanska, en Ukraine, le 17 février 2022. — Handout / Ukrainian Joint Forces Operation press-service / AFP

L’armée ukrainienne et les séparatistes prorusses se rejettent la faute après des bombardements dans l’est de  l’Ukraine. Cette partie du pays est en proie à un conflit depuis 2014. Dans un communiqué publié sur Facebook, l’armée ukrainienne a accusé les combattants séparatistes d’avoir visé « avec un cynisme particulier » la localité de Stanitsa Louganska, touchant notamment une école maternelle.

L’attaque a endommagé des infrastructures et « la moitié de la localité a été laissée sans électricité », précise le communiqué. Les photos publiées montrent un trou d’obus dans le mur de l’école et des briques jonchant une pièce au milieu de jouets d’enfants.

Kiev et séparatistes se rejettent la faute

L’armée ukrainienne a plus tard ajouté que « trois employés de l’école ont été blessés » et dénombré « à 10 heures [heure française], 29 violations du cessez-le-feu » sur toute la zone du conflit, qui ont fait un soldat ukrainien blessé.

De leur côté, les autorités de la région séparatiste de Lougansk, citées par l’agence de presse russe Interfax, ont annoncé que « la situation sur la ligne du front s’est dégradée au cours des dernières 24 heures ». Le chef de la milice de cette région, Ian Lechtchenko, a accusé l’armée ukrainienne d'« essayer de pousser le conflit vers une escalade ».

« Mettre en garde Kiev »

La Russie, accusée par Washington de chercher à créer des « prétextes » pour attaquer l’Ukraine et qui a massé plus de  100.000 soldats aux frontières du pays, a exprimé sa « profonde préoccupation ».

« Nous espérons que nos opposants des capitales occidentales, de Washington, de l’Otan utilisent toute leur influence pour mettre en garde les autorités de Kiev contre une nouvelle escalade », a affirmé le porte-parole du Kremlin, Dmitri Peskov.

Une « provocation »

Le Premier ministre britannique Boris Johnson a accusé la Russie de « provocation » visant à « discréditer » Kiev et à justifier une intervention. « Une école maternelle a été bombardée dans ce que nous considérons comme, ce que nous savons être une opération (…) conçue pour discréditer les Ukrainiens, conçue pour créer un prétexte, une provocation fallacieuse justifiant une action russe », a déclaré Boris Johnson à des journalistes lors d’une visite dans une base militaire.

« Nous craignions fort d’être amenés à voir plus de choses de ce genre dans les prochains jours », a-t-il ajouté. Britanniques et Américains considèrent que Moscou pourrait préparer un prétexte dans le conflit qui oppose depuis huit ans armée ukrainienne et séparatistes parrainés par Moscou dans l’Est ukrainien, pour justifier son intervention.