Face à l'épidémie, optimisme et prudence

Sophie Cois (avec AFP)

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Dix-neuf pays sont maintenant touchés par l'épidémie de grippe porcine. Dimanche, l'Irlande et la Colombie ont annoncé l'apparition d'un premier cas sur leur territoire. Pourtant hier, les derniers bilans des pays les plus touchés se voulaient optimistes. « L'épidémie est entrée dans sa phase de recul », affirmait même le ministre de la Santé mexicain, José Angel Cordova. Selon les derniers chiffres, le Mexique, considéré comme le foyer mondial de grippe A (H1N1), comptait 487 cas avérés et 19 décès. « Chaque jour nous observons une diminution des cas graves et de fait, la mortalité a diminué », estimait samedi José Angel Cordova.

Du côté des Etats-Unis, où le bilan s'élevait hier soir à 226 cas avérés, dont un mortel, et 30 Etats touchés, les autorités sanitaires se voulaient malgré tout rassurantes. « Nous constatons des signes encourageants », déclarait le directeur des centres fédéraux de contrôle et de préventions des maladies, exhortant à ne pas dramatiser les conséquences de l'épidémie. « La grippe saisonnière qui nous frappe chaque année tue 36 000 personnes aux Etats-Unis (...). Il est encourageant de constater que ce virus n'a pas l'air jusqu'à présent plus sévère qu'une souche de grippe saisonnière », a-t-il observé.

Des déclarations rassurantes qui contrastent avec les réactions des autorités en Chine ou en l'Egypte. Depuis l'apparition, vendredi, d'un premier cas à Hongkong, le gouvernement chinois a décidé de suspendre les vols entre le Mexique et Shanghai. A titre préventif, les 300 clients et membres du personnel de l'hôtel où a séjourné le malade ont été mis en quarantaine pour une semaine. Autre mesure plus radicale : l'Egypte a commencé samedi l'abattage des 250 000 porcs élevés sur son territoire. Une décision qui a provoqué des affrontements hier au Caire entre des policiers venus chercher les bêtes à abattre et des éleveurs.

En France, « le mot d'ordre, c'est sérénité et vigilance », insistait hier la ministre de la Santé, Roselyne Bachelot. Le dernier bilan dans l'Hexagone faisait état de huit cas probables et toujours deux cas confirmés qui « se portent bien », selon les déclarations du ministère de la Santé. Toutefois Roselyne Bachelot restait prudente. Selon elle, la mobilisation « va devoir durer longtemps car le virus peut s'endormir pendant l'été et revenir à l'automne ». W