L'épouse de Silvio Berlusconi veut divorcer

ITALIE Veronica Lario est excédée après trente ans de mariage...

Avec agence

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Silvio Berlusconi, le chef du gouvernement italien et son épouse, Veronica Lario, au Vatican le 24 mai 2005.
Silvio Berlusconi, le chef du gouvernement italien et son épouse, Veronica Lario, au Vatican le 24 mai 2005. — ETTORE FERRARI/EPA/SIPA

Silvio Berlusconi bientôt célibataire? Son épouse, Veronica Lario, a en tout cas décidé de demander le divorce, excédée après 30 ans de mariage du comportement de son mari envers sa propre famille mais aussi envers les belles jeunes femmes.

Silvio Berlusconi et Veronica Lario se sont rencontrés en 1980 et se sont mariés civilement 10 ans plus tard, le chef du gouvernement étant divorcé. Ils ont trois enfants: Barbara, 24 ans, Eleonora, 22 ans et Luigi 20 ans.

Veronica aurait déjà contacté un avocat

«La décision de Veronica: adieu à Silvio», écrit ce dimanche à la une «La Stampa», le quotidien du groupe Fiat. «Veronica, adieu à Silvio: “J'ai décidé, je demande le divorce”», titre en première page la «Repubblica», un quotidien de gauche, les deux journaux citant des «amies et des proches».

Les deux quotidiens affirment aussi que Veronica Lario a déjà contacté une avocate de confiance et donné des instructions pour que la procédure de divorce débute le plus rapidement possible.

Il y a trois jours seulement, l'épouse du chef du gouvernement italien avait déjà durement attaqué Silvio Berlusconi pour son intention d'inclure des starlettes sur les listes électorales de son parti pour les européennes de juin, obligeant le chef du gouvernement à faire marche arrière.

«Un homme qui fréquente des mineures»

Il semble cependant que la goutte qui a fait déborder le vase est la participation, il y a une semaine, de Silvio Berlusconi à la fête donnée pour le 18e anniversaire d'une belle jeune fille blonde à Naples, alors qu'il n'a jamais assisté à ceux de ses enfants, selon Veronica Lario.

«Mon mariage est terminé. Je ne peux pas rester avec un homme qui fréquente des mineures», a dit Veronica Lario à une de ses amies, selon la «Repubblica». «Lire dans les journaux qu'il fréquente une mineure, car il la connaissait avant qu'elle n'ait 18 ans, lire qu'elle l'appelle “papy” et qu'elle parle de leurs rencontres à Rome et Milan, cela était franchement inacceptable. Comment peut-on rester avec un homme pareil», écrit pour sa part «La Stampa» citant aussi des amies de Veronica Lario.

«Une affaire douloureuse»

«C'est une affaire personnelle douloureuse, qui rentre dans la sphère du privé et dont il me semble bon de ne pas parler», a fait savoir Silvio Berlusconi aux médias, dimanche en fin d'après-midi. Le chef du gouvernement italien, visiblement affecté, semble s'être, pour une fois, réfugié dans un quasi-silence alors que les commentaires vont bon train.


«Veronica se confirme comme le vrai chef d'opposition en Italie. Pour le chef d'un mouvement qui soutient la famille et les valeurs chrétiennes (Silvio Berlusconi ndlr), l'échec de son propre mariage représente un échec politique», a ainsi commenté Vittorio Sgarbi, critique d'art et ancien député du parti de Silvio Berlusconi.

Le principal mouvement d'opposition, le Parti démocrate (PD) est divisé entre ceux qui, comme Luigi Zanda, vice-président des sénateurs du PD, estiment qu'il faut «dissocier les luttes politiques des affaires personnelles», et ceux qui pensent le contraire.

Si c'était Obama ou Sarkozy...

«Sortons de l'hypocrisie et disons-le clairement : le divorce de Berlusconi est une question politique et une occasion pour le PD. La personne qui le connaît le mieux (Veronica Lario, ndlr) dit "il ne se sent pas bien" ou "il sort avec les mineurs"», a commenté Mario Adinolfi, membre de la direction du PD.

«Peut-on imaginer Obama résistant à un coup pareil porté par Michelle ou Sarkozy touché comme ça par Carla Bruni sans qu'il y ait un débat public et politique?», a poursuivi M. Adinolfi, dénonçant un Silvio Berlusconi «confus dans sa vie privée et confus dans la manière mégalomane de gérer, mal, un pays enfoncé dans une crise profonde».