Des porcs canadiens infectés par le virus H1N1

CONTAMINATION Un agriculteur s'était rendu au Mexique...

Avec agence

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Les professionnels de la filière porcine du monde entier dénoncent l'appellation qui a été faite de la «grippe porcine».
Les professionnels de la filière porcine du monde entier dénoncent l'appellation qui a été faite de la «grippe porcine». — REUTERS/Stringer Shanghai

C’est une première dans l’épidémie de grippe A. Des porcs canadiens ont été infectés par le virus H1N1, probablement par un agriculteur s'étant rendu au Mexique, ont annoncé samedi les autorités canadiennes.

«Le virus H1N1 (grippe porcine chez l'être humain) a été détecté au sein d'un troupeau de porcs de l'Alberta (ouest)», a indiqué l'Agence canadienne d'inspection des aliments (ACIA), tout en affirmant que la salubrité alimentaire n'était pas affectée.

L’homme et les porcs guéris

Le Dr Brian Evans de l'ACIA, a expliqué qu'il était «fort probable» que les porcs aient été exposés au virus par un agriculteur s'étant rendu récemment au Mexique. Celui-ci qui présentait des symptômes de la grippe était rentré du Mexique le 12 avril et avait repris le travail dans l'exploitation porcine le 14. Environ 10% des quelque 2.200 porcs de l'exploitation ont été affectés par le virus. Et le troupeau a été placé en quarantaine.

L'homme est guéri et tous les porcs sont aussi guéris ou sont en voie de guérison, a ajouté le Brian Evans en indiquant que le virus H1N1 trouvé chez ces porcs est bien le même que celui qui fait actuellement l'objet d'une alerte mondiale dans la population humaine.

Les porcs peuvent attraper des virus humains

Selon les responsables sanitaires canadiens, l'infection des porcs par le H1N1 est le «premier cas détecté» dans la crise actuelle. La découverte est due selon eux au fait que le Canada surveille de près sa population animale et a adapté aux porcs un test diagnostic destiné aux humains.

Le transfert de virus de l'influenza (grippe) de l'homme au porc n'est pas exceptionnel, a cependant indiqué Brian Evans. «Les porcs peuvent attraper des virus d'humains, d'autres porcs et d'oiseaux», a-t-il dit.

Eviter que le virus fasse le chemin inverse

Cela arrive de temps en temps, a noté de son côté David Butler-Jones, administrateur en chef de la santé publique, mais il a souligné que les autorités sanitaires surveillaient la situation de près pour éviter que le virus ne fasse le chemin inverse, des porcs à l'homme.

L'Acia juge dans un communiqué que «les risques que ces porcs transmettent le virus à des personnes est très faible». Craignant que la découverte ne porte un coup dur aux producteurs de porc canadiens, elle a aussi affirmé que «la salubrité de l'approvisionnement alimentaire n'est pas menacée, et que le porc canadien est toujours sûr».