289 arrestations à Berlin pour le 1er Mai

Avec agence.

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Traditionnels heurts entre policiers et autonomes à Berlin, dans la nuit du 30 avril au 1er mai 2009.
Traditionnels heurts entre policiers et autonomes à Berlin, dans la nuit du 30 avril au 1er mai 2009. — Fabrizio Bensch / Reuters

Après six ans d'accalmie, les violences du 1er Mai ont repris avec force à Berlin en cette année de crise sociale, des militants extrémistes et des casseurs provoquant les plus graves affrontements de ces dernières années avec les forces de l'ordre.

«Nous avons essuyé un revers dans nos efforts pour maintenir un 1er Mai pacifique», a reconnu samedi le ministre de l'Intérieur de la Ville-Etat de Berlin, en concédant que les violences avaient atteint «une autre dimension» que celle des dernières années.

Un contexte de crise et de contestation sociale

La manifestation d'extrême gauche qui a dégénéré, avait démarré vers 18h00 à Kreuzberg, un quartier populaire de Berlin où les rassemblements du 1er Mai donnent régulièrement lieu à des violences depuis une première nuit d'émeute, le 1er mai 1987. Depuis six ans, les 1er Mai berlinois étaient toutefois plus calmes, mais en cette année de crise mondiale et de contestation sociale aiguë, l'extrême gauche avait annoncé vouloir frapper fort.

Dans la nuit, des «autonomes» issus des groupuscules anarchistes ou d'extrême gauche ont affronté les forces de l'ordre à coups de jets de pierres. Certains, vêtus de noirs et le visage masqué, ont lancé des panneaux de circulation et des bouteilles sur les forces de l'ordre aux cris de «sales flics».

Casseurs ou militants?

Bilan des affrontements: 273 policiers blessés et 289 arrestations, soit plus du double de l'an dernier, selon le décompte du chef de la police Dieter Glietsch. Du côté des manifestants, au moins 136 personnes ont été blessées, dont plus de 50 ont dû être hospitalisées, souvent pour des blessures graves à la tête, selon le bilan des organisateurs de la manifestation d'extrême gauche qui a dégénéré.

Samedi, les autorités berlinoises ont assuré que ces troubles étaient avant tout l'oeuvre de «casseurs» et non de militants politiques. A l'inverse, les organisateurs du rassemblement ont assuré: «Cette année, de nombreux manifestants étaient nettement plus en colère et se sont montrés beaucoup plus sensibles aux provocations de la police».