Conflit Ukraine-Russie : La diplomatie garde finalement une chance

CRISE Selon les Américains, Vladimir Poutine n’a pas pris sa « décision finale » sur le déclenchement d’une invasion. Olaf Scholz se rend ce mardi à Moscou

20 Minutes avec AFP
Un soldat russe en Crimée, le 14 février 2022.
Un soldat russe en Crimée, le 14 février 2022. — EPN/Newscom/SIPA

Le jeu des montagnes russes continue dans la crise ukrainienne. En ce début de semaine, les déclarations alternent entre guerre imminente et règlement diplomatique. Les Occidentaux et Moscou ont ainsi évoqué lundi une chance d’issue diplomatique, les Etats-Unis estimant que   Vladimir Poutine n’avait pas pris sa « décision finale » sur le déclenchement d’une invasion.

Dans un contexte de tensions accrues, Washington a toutefois tempéré cet espoir en affirmant que Moscou avait encore renforcé pendant le week-end ses capacités militaires aux frontières de l’Ukraine, où plus de 100.000 soldats sont massés depuis des semaines. « Une action militaire pourrait intervenir n’importe quand », a ainsi redit le porte-parole du Pentagone, John Kirby. « Il reste une opportunité cruciale pour la diplomatie », ont toutefois souligné le Premier ministre britannique  Boris Johnson et le président américain Joe Biden qui se sont entretenus lundi par téléphone.

La Russie doit saisir les « offres de dialogue »

Et les efforts pour sauver la situation continuent. Olaf Scholz se rend à Moscou ce mardi, au lendemain d’un déplacement à Kiev. Dans la capitale ukrainienne, le chancelier allemand a exhorté la Russie à saisir les « offres de dialogue » pour désamorcer la crise, tout en menaçant de prendre des mesures qui « auront des répercussions importantes » sur l’économie russe en cas d’attaque.

Lundi, Moscou a aussi jugé possible un règlement diplomatique de la crise et annoncé la fin de certaines manœuvres militaires. « Il y a toujours une chance », a déclaré le chef de la diplomatie russe Sergueï Lavrov, répondant à une question de Vladimir Poutine, selon des images diffusées à la télévision. « Nos possibilités sont loin d’être épuisées », a poursuivi le ministre, proposant même de « prolonger et d’élargir » le dialogue, des remarques bien moins offensives que celles qui ont émané de Moscou ces dernières semaines. « Bien », lui a laconiquement répondu le président russe.

Pour sa part, le ministre français des Affaires étrangères Jean-Yves Le Drian a estimé que « tous les éléments » étaient réunis pour une offensive militaire « forte » de la Russie. Mais « rien n’indique aujourd’hui » que le président Poutine ait pris une décision, a-t-il ajouté. Mais, selon l’ambassadeur russe auprès de l’UE, Vladimir Tchijov, son pays « n’envahira pas l’Ukraine sauf si on nous provoque ». Les diplomates vont donc avoir une nouvelle semaine chargée.