Conflit Ukraine – Russie : Avant Moscou mardi, le chancelier allemand Olaf Scholz attendu ce lundi à Kiev

CRISE Pour tenter d’entraîner Vladimir Poutine vers la désescalade, l’Allemagne pourrait mettre dans la balance le gazoduc Nord Stream 2

20 Minutes avec AFP
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Le chancelier allemand Olaf Scholz, à Berlin le 10 février 2022.
Le chancelier allemand Olaf Scholz, à Berlin le 10 février 2022. — Christophe Gateau/AP/SIPA

Les efforts diplomatiques continuent pour éviter la guerre. Le chancelier allemand Olaf Scholz est ainsi attendu ce lundi à Kiev en vue de désamorcer la menace d’invasion russe de l’  Ukraine, susceptible de déclencher la pire crise en Europe depuis la Guerre froide.

Le dirigeant allemand se rendra ensuite à Moscou mardi, sur les pas du président français Emmanuel Macron la semaine dernière, au moment où les Etats-Unis ne cessent de rappeler que la Russie pourrait envahir l’Ukraine « à tout moment » et où les Occidentaux évacuent leurs ambassades.

Des menaces efficaces ?

Souvent accusée d’être trop complaisante envers la Russie, l’Allemagne​ a haussé le ton dimanche. « Nous sommes au beau milieu d’un risque de conflit militaire, de guerre en Europe orientale, et c’est la  Russie qui en porte la responsabilité », a déclaré le président allemand Frank-Walter Steinmeier. Olaf Scholz a de son côté prévenu que les sanctions occidentales seraient « immédiates » en cas d’invasion russe. Mais les menaces n’ont pour le moment pas d’effets concrets. Moscou « n’en a rien à foutre » des sanctions, avait notamment prévenu quelques heures plus tôt l’ambassadeur russe en Suède, Viktor Tatarintsev, dans un entretien au journal suédois Aftonbladet.

La situation a atteint un point « critique », a en outre estimé une source gouvernementale allemande. Les tensions sont en effet à leur comble, avec 130.000 militaires russes massés à la frontière ukrainienne qui mènent des manœuvres tous azimuts. Reste à savoir si cette escalade poussera l’Allemagne à revoir sa réticence quant aux livraisons d’armes en Ukraine et quant à l’avenir de Nord Stream 2, le gazoduc controversé construit pour acheminer sur son territoire du gaz russe en contournant l’Ukraine. Le chancelier allemand a assuré la semaine dernière que le gazoduc « n’irait pas de l’avant » en cas d’invasion.