Tesla accusée de « ségrégation raciale » dans une de ses usines aux Etats-Unis

RACISME Des employés disent avoir été violemment insultés 50 à 100 fois par jour par leurs collègues et managers

20 Minutes avec agences
Une enseigne portant le logo de Tesla. (illustration)
Une enseigne portant le logo de Tesla. (illustration) — Lev Radin/Sipa USA/SIPA

Une agence de l’Etat de Californie (Etats-Unis) a porté plainte contre  Tesla pour  discrimination raciale. Après avoir reçu des « centaines de plaintes », le DFEH dit disposer de preuves montrant que l’usine située à Fremont est un lieu de « ségrégation raciale ».

« Les travailleurs noirs subissent des insultes raciales et des discriminations en termes de tâches, de discipline, de rémunérations et de promotion », a déclaré ce mercredi Kevin Kish, directeur de cette agence qui enquête sur les affaires civiles. « Cela crée un environnement de travail hostile. Les faits dans cette affaire parlent d’eux-mêmes. »

Insultés, exploités et humiliés

Le DFEH (Departement of Fair Employement and Housing) a envoyé par e-mail des extraits de la plainte déposée dans un tribunal californien. Le document cite de nombreux exemples de violence verbale, y compris le « N-word ». « Comme l’usine est racialement ségréguée, les employés de l’usine appelaient les zones où de nombreux Afro-Américains travaillaient la 'porch monkey station' [zone des singes qui ne foutent rien] », indique la plainte.

Certains employés disent avoir été insultés 50 à 100 fois par jour. La plainte souligne que les salariés noirs sont affectés à des tâches physiquement plus difficiles que les autres dans les usines Tesla. Ils sont plus facilement licenciés pour des infractions mineures et sont beaucoup moins souvenus promus.

« Pour beaucoup de travailleurs noirs, le stress du harcèlement racial, le risque d’altercations physiques avec les harceleurs, la discrimination flagrante, la discipline disproportionnée et l’inaction en cas de plainte ont rendu leurs conditions de travail tellement intolérables qu’ils ont démissionné », précise la plainte. Plusieurs salariés et ex-salariés ont  porté plainte ces derniers mois pour harcèlement sexuel ou du racisme.

Déjà une condamnation

Tesla avait déjà communiqué le matin même sur ces poursuites, avant qu’elles ne soient confirmées. « Tesla s’oppose fermement à toute forme de discrimination et de harcèlement et a une équipe dédiée aux relations entre employés pour répondre et enquêter sur toutes les plaintes », a assuré le groupe dans un communiqué.

« Tesla a toujours pris des actions disciplinaires et licencié des employés pour faute professionnelle, y compris ceux qui profèrent des injures raciales ou harcèlent les autres », précise l’entreprise. En octobre 2021, le groupe a été condamné à verser 137 millions de dollars à un ancien employé noir victime de racisme dans une usine.

L’entreprise compte demander au tribunal de suspendre les poursuites pour s’assurer que l’ensemble des faits et des preuves soient pris en compte. Le constructeur automobile dit regretter que le DFEH ne lui ait pas transmis les accusations spécifiques sur lesquelles se basent ses poursuites.