Grippe mexicaine: l'OMS relève son alerte au niveau 5

SANTE C'est la première fois depuis la mise en place de l'échelle...

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Contrôles sanitaires des passagers en provenance du Mexique le 27 avril 2009. Ici dans un aéroport en Honduras.
Contrôles sanitaires des passagers en provenance du Mexique le 27 avril 2009. Ici dans un aéroport en Honduras. — Edgard Garrido/Reuters

A un niveau de l’épidémie globale. «J'ai décidé de relever le niveau d'alerte à la grippe de la phase 4 à la phase 5» (sur 6), a annoncé mardi soir à Genève la directrice générale de l’Organisation mondiale de la santé. «Ce virus est d'un type nouveau, très imprévisible» et ne montre aucun signe de ralentissement, a souligné Margaret Chan. C’est la première fois que ce stade 5 est atteint, mais l’échelle n’a été mise en place qu’après l’épisode de la grippe aviaire.

 

>> L’échelle de l’OMS, c’est ici

 

Echelle 5 sur 6, que cela signifie-t-il? Alors que la phase 4 marquait une forte augmentation du risque, avec une transmission d’homme à homme avérée, le déclenchement du stade 5 signifie «un signal fort qu'une pandémie est imminente» et qu'il ne reste que très peu de temps pour s'y préparer, selon les procédures de l'OMS.

 

«Tous les pays doivent immédiatement activer leur plan de préparation à la pandémie», a ajouté le Dr Chan en appelant, outre les gouvernements, l'industrie pharmaceutique à se mobiliser afin de rendre davantage de dose d’antiviraux disponibles, particulièrement «dans les pays en voie de développement».

 

>> La France est-elle prête? Nos réponses, ici

 

Si cette décision a été prise, c’est que le virus, dont les origines sont encore mal comprises, a désormais deux foyers: le Mexique, où il a causé la mort de 7 personnes (et peut-être jusqu’à 159), et les Etats-Unis, où la première victime a été recensée mercredi. Il s’agit d’un enfant mexicain de deux ans, soigné au Texas. Obama exclut pour l'instant de fermer la frontière, les experts estimant que les «chevaux sont déjà dehors».

Annonce anxiogène

 

La directrice de l’OMS n’a pas vraiment fait dans la demi-mesure. «Dans le cas d’une pandémie, l’humanité toute entière est menacée», a-t-elle asséné. Elle a toutefois appelé au calme, afin de «gérer cette affaire de matière rationnelle» et précisé que la planète était «mieux préparée que jamais» et qu’il fallait «faire preuve de solidarité».

 

Elle a reconnu que les scientifiques ont encore plus de questions que de réponses sur le virus H1N1, composé de gènes de grippe porcine, aviaire et humaine. Le nom grand public de grippe porcine fait débat, car l’OMS le précise, «aucune contamination d’un cochon à un homme n’a eu lieu»).

 

Le grand point d’interrogation, en cas d’épidémie –au-delà de son étendue– reste la gravité des symptômes. Pour l’instant, pour une immense majorité, ils sont légers et les personnes se rétablissent parfaitement. Mais quelques-unes, y compris de jeunes adultes en bonne santé, sont décédées.

 

Remettons les chiffres de cette grippe mexicaine, ou porcine, à leur juste place. Sur CNN, le Dr Sangay Gupta rappelait que dans un pays comme les Etats-Unis, des dizaines de milliers de personnes meurent de la «simple grippe» et de ses complications. Mais il s’agit pour la plupart de personnes âgées ou d’enfants en bas âge, et un vaccin existe pour ce virus. Pour le H1N1, la souche a été isolée et un vaccin est «en cours de production». Mais selon un haut-responsable américain, plusieurs mois seront nécessaires.