Mali : « Poursuivre la lutte contre le terrorisme » reste la priorité de la France au Sahel

MILITAIRE Les armées françaises et européennes pourraient revoir leur dispositif au Sahel, voire quitter le Mali, sans changer leur objectif

20 Minutes avec AFP
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Les forces militaires françaises au Mali n'ont plus vraiment le soutien de la population locale.
Les forces militaires françaises au Mali n'ont plus vraiment le soutien de la population locale. — ANTONIN BURAT / ZEPPELIN/SIPA

La dégradation des relations entre le Mali et la France ne fait pas dévier les forces militaires de l’objectif : la priorité de la France reste de « poursuivre la lutte contre le terrorisme » aux côtés des pays africains, a assuré mardi le chef d’état-major des  armées françaises, le général Thierry Burkhard. « On veut aider les pays africains, pour eux et aussi pour nous. Notre priorité c’est de poursuivre la lutte contre le  terrorisme aux côtés des pays du G5 Sahel (Mali, Mauritanie, Tchad, Niger, Burkina Faso) », a-t-il ajouté lors d’une rencontre avec la presse à Abidjan.

Les troupes françaises et les forces spéciales européennes de Takuba sont la cible de critiques virulentes d’une partie des populations au Sahel mais aussi de la classe politique malienne. Lundi, le Premier ministre malien Choguel Kokalla Maïga, a ainsi accusé ce groupement de « diviser le Mali ». Le degré de défiance de la junte militaire envers Paris est telle que l’ambassadeur français a été expulsé du Mali la semaine dernière.

Un départ du Mali n'est pas exclu

Paris s’est donné jusqu’à mi-février pour décider avec ses partenaires européens de l’avenir de leur présence militaire dans ce pays, où la France se bat depuis 2013 au prix de 53 soldats tués. L’idée d’un départ du Mali n’est pas exclue.

« Si on modifie le dispositif au Mali on réfléchira ensemble à la meilleure façon de nous engager aux côtés des pays africains et on agira ensemble avec les pays africains », a martelé le général Thierry Burkhard. « Le combat contre le terrorisme ne peut être gagné qu’avec les armées nationales », a-t-il poursuivi, regrettant n’avoir « pas réussi à synchroniser l’action militaire avec un renforcement ou un retour de l’Etat » au nord du Mali.