Covid-19 au Canada : Trois choses à savoir sur les « convois de la liberté » qui font route vers l'Europe

RECAP' Le mouvement, né de l’opposition à une obligation vaccinale pour passer la frontière, embrasse des revendications plus larges et arrive en Europe

Xavier Regnier
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Après le Canada, «Le convoi de la Liberté» bientôt sur Paris ? — 20 Minutes
  • Depuis samedi, des centaines de camions stationnent dans Ottawa. Le fruit de « Convois de la liberté », organisés par des camionneurs canadiens opposés à l’obligation vaccinale pour passer la frontière avec les Etats-Unis. Une nouvelle journée de mobilisation est attendue samedi 5 février.
  • Justin Trudeau, le Premier ministre canadien, a cependant refusé de faire appel à l’armée pour faire évacuer les manifestants de la capitale fédérale.
  • Sur Facebook et Telegram, des groupes se sont créés pour mettre en place d’autres « convois de la liberté » en France et en Europe.

Au Canada, ça bouchonne sur l’autoroute de la  vaccination. Depuis plusieurs jours, des camionneurs contestent l’obligation vaccinale liée à la pandémie de  coronavirus pour traverser la frontière entre le Canada et les Etats-Unis. En s’organisant en convois, ils ont convergé vers Ottawa, bloquant parfois des autoroutes. Entre  faux record dans le Guinness Book et menace d’envoi de l’armée, le mouvement fait parler de lui bien au-delà de l’Amérique désormais et menace de faire tache d’huile. Pour tout comprendre à cette histoire à l'occasion de la nouvelle journée de mobilisation prévue samedi 5 février, 20 Minutes vous résume l’affaire.

L’actu du jour

Malgré le blocage du centre de la capitale fédérale Ottawa ce vendredi, « il n’est pas question pour l’instant d’envoyer l’armée », a indiqué le Premier ministre Justin Trudeau en conférence de presse jeudi soir. Avant d'ajouter qu’il fallait être « très, très prudent avant de déployer l’armée quand des citoyens canadiens sont impliqués ». Mercredi la police d’Ottawa avait laissé entendre qu’un  appel à l’armée serait peut-être nécessaire pour mettre fin au mouvement, certains camions étant stationnés devant le parlement fédéral depuis samedi.

« Les forces policières doivent faire leur job », explique Justin Trudeau, précisant qu’aucune demande n’a été faite pour l’instant auprès des autorités fédérales. Le Premier ministre a surtout mis la pression sur les manifestants, estimant qu’ils « dérangent et harcèlent les habitants » d’Ottawa et qu’ils devaient « rentrer chez eux ». Mais des manifestations similaires s’organisent à Toronto et dans la ville de Québec.

L’origine du mouvement

Tout a commencé dans l’ouest du pays, avec quelques dizaines de camionneurs qui se sont organisés en convois pour rallier Vancouver à Ottawa. Leur objectif : manifester contre l’obligation vaccinale mise en place mi-janvier par le Canada et les Etats-Unis pour pouvoir traverser la frontière. Après des blocages ponctuels et ayant reçu le soutien d’Elon Musk, le convoi, qui avait grossi entre-temps, est arrivé à Ottawa le 29 janvier. Mais d’autres revendications se sont vite greffées à ce mouvement.

« Tout cela c’est pour la liberté, pas seulement pour les camionneurs. Nous devons avoir le choix ! Nous ne devons pas nous faire vacciner pour pouvoir travailler », explique Stephen Penderness, 28 ans, chauffeur routier de l’Ontario et non vacciné. « Je veux que tout cela cesse, toute cette dérive sanitaire. Les mesures sont maintenant injustifiées », estime Philippe Castonguay, entrepreneur de 31 ans. Dans les manifestations qui accompagnent désormais les « convois de la liberté », l’appel à la démission de Justin Trudeau revient avec force.

La tendance du jour

Très populaire sur les réseaux sociaux, le mouvement fait des émules. Sur Facebook, un groupe « le convoi de la liberté » a été créé dès le 26 janvier, rassemblant antivax et opposants au pass vaccinal. Mais là aussi, les revendications dépassent le cadre sanitaire, avec des thèmes chers aux  « gilets jaunes » : « Pour rappel le gazole lui aussi a battu des records (1,69 euro). On doit se battre pour ça aussi », clame l’un des membres. Le groupe, carte à l’appui, entend coordonner une montée à Paris le week-end du 12 et 13 février, pour coller  aux traditionnelles manifestations anti-pass, avant d’aller manifester à Bruxelles le 14. Une conversation sur Telegram a également été créée pour organiser les actions et rallier des manifestants d’autres pays européens. Mais la stratégie demeure floue, et la police belge, qui pourrait bloquer préventivement l’accès à la capitale, a indiqué que l’évènement était « en cours d’évaluation par les autorités ».