Londres : Des policiers échangeaient des messages racistes, misogynes et violents sur les réseaux sociaux

ENQUÊTE Des blagues sur des viols et des références à Auschwitz ont été repérées sur les réseaux sociaux

20 Minutes avec agences
Le siège de Scotland Yard à Londres le 3 avril 2017.
Le siège de Scotland Yard à Londres le 3 avril 2017. — Richard Gardner/Shutter/SIPA

Une enquête a mis en évidence ce mardi des comportements racistes, misogynes et discriminatoires au sein de Scotland Yard.  La police de Londres (  Royaume-Uni) est depuis plusieurs mois au cœur de la tourmente, notamment après le viol et le meurtre d’une habitante par un policier.

Des comportements « honteux » selon la police des polices

L’IOPC a passé en revue des milliers de messages échangés sur les réseaux sociaux, « dont beaucoup étaient hautement sexualisés, discriminatoires ou faisaient référence à la violence ». Ils comportaient notamment des allusions directes à des  viols, des termes homophobes ou racistes ou des références à  Auschwitz.

« Les comportements que nous avons découverts sont honteux », a déclaré le directeur régional de l’IOPC, la police des polices britannique, dans un communiqué. Les équipes concernées par ces comportements ont été démantelées « mais nous savons sur la base d’autres affaires récentes que ces problèmes ne sont pas isolés ou n’appartiennent pas au passé », a ajouté le responsable.


Une confiance très entamée envers la police

Sur les 14 policiers  londoniens visés, neuf sont toujours actifs. Ils ont minimisé les messages en les mettant sur le compte de la plaisanterie. L’enquête avait été ouverte en 2018 contre un policier soupçonné d’avoir eu des relations sexuelles avec une personne soûle dans un commissariat de police. Elle avait ensuite été élargie.

Le maire de Londres s’est dit « dégoûté » par ces comportements « totalement inacceptables ». Ces révélations « endommageront encore plus la confiance du public dans la police », a déclaré Sadiq Khan. La Metropolitan Police s’est dite « profondément désolée », reconnaissant le coup porté à la confiance du public. Un responsable a reconnu « la nécessité d’un vrai changement ».

Après le viol et le meurtre de la Londonienne Sarah Everard par un policier en mars 2021, la police avait été accusée d’avoir ignoré toute une série de signaux alarmants sur le comportement de cet agent. Elle avait aussi été pointée du doigt pour son intervention musclée pour disperser un rassemblement en hommage à la victime, ou après que  deux policiers ont pris un selfie sur la scène du crime.