Corée du Nord : Les Etats-Unis demandent une réunion d’urgence du Conseil de sécurité de l’ONU jeudi

DIPLOMATIE Pyongyang accélère ses tests de missiles, et les experts craignent une reprise des essais nucléaires

20 Minutes avec AFP
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La Corée du Nord a procédé à un test de missile balistique sol-sol à portée intermédiaire et longue Hwasong-12 le 30 janvier 2022.
La Corée du Nord a procédé à un test de missile balistique sol-sol à portée intermédiaire et longue Hwasong-12 le 30 janvier 2022. — EyePress News//SIPA

Il n’y a pas que l’Ukraine ou l’Iran comme dossier international chaud. Les Etats-Unis ont demandé une réunion d’urgence jeudi du Conseil de sécurité de l’ONU sur la Corée du Nord, qui a procédé dimanche au tir de son plus puissant missile depuis 2017, a-t-on appris mardi de sources diplomatiques. Cette réunion devrait se tenir à huis clos.

« On espère que le Conseil sera en mesure de parler d’une seule voix » avec la publication d’une déclaration, a indiqué sous couvert de l’anonymat un diplomate. « On devrait au moins insister pour que le Conseil exhorte la Corée du Nord à respecter les résolutions du Conseil de sécurité de l’ONU » et « s’il n’en est pas capable, alors nous avons un problème », a-t-il ajouté, alors que Pyongyang a effectué sept essais en janvier.

Crainte d’un test balistique nucléaire

Les Nord-Coréens « font des progrès constants sur la balistique, améliorant la portée, la précision et la létalité de leurs missiles », a poursuivi ce diplomate. « Ils ont en leur possession plusieurs engins nucléaires, ont fait plus de 60 essais en laboratoire. » « A un moment, s’ils mixent les deux technologies », nucléaire et balistique, « ce qu’ils ne semblent pas avoir réussi jusqu’à présent (…), alors le niveau de menace sera intolérable », a jugé ce diplomate en rejetant l’idée d’un « conflit ou d’un dossier gelé ».

Dans un communiqué, le département d’Etat a indiqué que l’émissaire américain pour la Corée du Nord, Sung Kim, s’était entretenu ces derniers jours du dernier tir nord-coréen avec des responsables japonais et sud-coréen. Sung Kim « a condamné les tirs de missiles balistiques par la Corée du Nord qui violent les résolutions du Conseil de sécurité et déstabilisent la région », a précisé Ned Price, porte-parole de la diplomatie américaine. En rappelant que les Etats-Unis restaient prêts à des discussions diplomatiques avec la Corée du Nord, Sung Kim a assuré ses interlocuteurs de l’engagement américain à défendre la Corée du Sud et le Japon, a-t-il ajouté dans le communiqué.

Moratoire rompu

Pyongyang a confirmé lundi avoir lancé la veille son plus puissant missile depuis 2017, un missile balistique sol-sol à portée intermédiaire et longue Hwasong-12. Le secrétaire général de l’ONU, Antonio Guterres, a dénoncé mardi dans un communiqué un tir de missile balistique qui « rompt avec le moratoire annoncé en 2018 » par ce pays pour ce type d’engin.

Ce tir représente « une violation claire des résolutions du Conseil de sécurité », a-t-il ajouté en le condamnant. Le tir nord-coréen dimanche couronne un mois de tests en série et fait craindre une reprise des essais nucléaires et de missiles intercontinentaux par Pyongyang.

En 2017, le Conseil de sécurité de l’ONU avait décidé à l’unanimité et à trois reprises d’imposer de nouvelles sanctions économiques lourdes à la Corée du Nord pour ses essais nucléaires et de missiles. Ces sanctions, dernière preuve d’unité du Conseil sur le dossier nord-coréen, affectent notamment les importations de pétrole du pays et ses exportations de charbon, de fer, de textile ou de pêche.