Mali : « D’ici à mi-février », la France et ses partenaires européens travailleront à adapter « leur présence sur place »

TAKUBA Gabriel Attal s'est exprimé au lendemain de l’annonce de l’expulsion de l’ambassadeur de France au Mali par la junte au pouvoir

20 Minutes avec AFP
La force antidjihadiste Barkhane est présente au Sahel depuis 2014.
La force antidjihadiste Barkhane est présente au Sahel depuis 2014. — Jerome Delay/AP

Paris avait déjà prévu de réduire la présence de ses propres unités de la force Barkhane au Mali. Interrogé pour savoir si cette présence allait être encore réduite jusqu’à être totalement retirée,  Gabriel Attal a fait remarquer ce mardi que Paris avait « progressivement réduit la voilure, et on va continuer à le faire ».


Les pays partenaires du groupement européen de forces spéciales Takuba vont « travailler d’ici la mi-février » à l’adaptation de leur dispositif au Mali, au regard de l'« isolement progressif » de ce pays dirigé par une junte, a ajouté Gabriel Attal, avant de déclaré : « Ce qui est certain, c’est que la situation ne peut pas rester en l’état. Donc d’ici la mi-février on va travailler avec nos partenaires pour voir quelle est l’évolution de notre présence sur place » et « pour prévoir une adaptation ».

Les discussions avec le pouvoir malien sont « rendues très difficiles »

La France « adapte sa présence pour la concentrer sur la lutte contre le terrorisme », a rappelé Gabriel Attal, mais « ce n’est pas un sujet franco-français, pas une intervention franco-française », et « le "on fait quoi ?" » maintenant, on ne va pas le décider seuls », a-t-il expliqué. Le renvoi de l’ambassadeur français lundi, dont Paris « a pris acte », « est une étape supplémentaire dans l’isolement dont fait preuve cette junte », a insisté Gabriel Attal, qui a jugé que les discussions avec le pouvoir malien sont « rendues très difficiles ». Et « on n’est pas près de voir les élections » au Mali, avec le report décidé par la junte, qui prévoit désormais une transition de cinq années.

La Coalition pour le Sahel réunit tous les pays et institutions (G5 Sahel, Européens, UE, ONU..) impliqués au Sahel, que ce soit dans la lutte antiterroriste, la formation des armées locales ou le développement. Elle a été lancée lors du sommet de Pau en janvier 2020 par les Etats membres du G5 Sahel (Mali, Mauritanie, Tchad, Niger, Burkina Faso) et ses partenaires internationaux afin d’apporter une réponse dépassant le seul cadre militaire aux défis de la région.