Grippe porcine: «On évite le métro, mais on n'hésite pas à sortir de chez nous»

TEMOIGNAGE Une étudiante française en échange à Mexico raconte son quotidien au coeur du foyer viral...

Recueilli par Clémence Leveau

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Au Mexique, les habitants se couvrent la bouche de masques alors que la grippe porcine frappe le pays.
Au Mexique, les habitants se couvrent la bouche de masques alors que la grippe porcine frappe le pays. — REUTERS/Jorge Dan Lopez

«Les expatriés sont très inquiets». Stéphanie Maillard fêtera ses vingt-trois ans demain, au Mexique, dans un climat peu serein. Ses colocataires ont décidé de rentrer ce soir. «Le dernier vol Air France est à 23 heures ce soir. Après il faut attendre le 1er mai pour rentrer...», indique-t-elle. En école de commerce, elle est en échange dans la capitale mexicaine depuis la mi-janvier. «Normalement je devais retourner en France le 12 juin. Mais j'ai reçu aujourd'hui un mail du directeur de mon école qui m'exhorte à rentrer le plus vite possible en France. Et bien sûr les parents sont très inquiets».

Sur les dix étudiants d'école de commerce en échange avec Stéphanie, huit ont déjà pris la décision de partir au plus vite. L'étudiante est, de son côté, plus mitigée. «Je ne veux pas partir pour apprendre dans deux jours qu'il n'y a plus de risque. On est vraiment dans le doute, et on est surtout très alarmés par les médias français». Ce que craint Stéphanie plus que tout, c'est un embargo sur la capitale mexicaine, qui l'empêcherait pour une durée indéterminée de rentrer en France. «Dans le cas où la maladie s'étend, un embargo pourrait être décrété. Nous ne sommes pas malades, mais nous serions alors complètement bloqués».

«Il n'y pas grand monde dans les rues»

Les mesures de précaution suivies par Stéphanie sont relativement limitées. «On met un masque si on parle à quelqu'un, mais sinon, comme de toute façon il n'y pas grand monde dans les rues, on ne le met pas. Pour se déplacer, on prend les taxis et pas le métro. Mais on n'hésite pas à sortir de chez nous». De leur côté les mexicains sont plus strictes.

«Ils sont très précautionneux sur le plan du contact physique avec les autres. Ils portent les masques et ne sortent pas». Dimanche, la jeune femme a vécu un scène assez surprenante. «Je me promenais dans une rue qui est très vivante d'habitude. Là, elle était vide, les magasins étaient fermés, il n'y a avait personne. C'était vraiment impressionnant».

PRECAUTION - Le gouvernement mexicain vient d'annoncer lundi la suspension des «activités scolaires» à l'échelon national, par mesure de prévention contre la grippe porcine qui aurait déjà fait 149 morts dans l'ensemble du pays.