Etats-Unis : Un blizzard recouvre Boston sous 60 centimètres de neige, un record

LET IT SNOW Une « bombe cyclonique » touche le Nord-Est des Etats-Unis. Mais à New York, le froid et la neige n’empêchent pas le célèbre « cow-boy nu » de faire son show

X.R. avec AFP
— 
Boston était recouverte par 60 cm de neige samedi.
Boston était recouverte par 60 cm de neige samedi. — Michael Dwyer/AP/SIPA

Une « bombe cyclonique ». C’est ainsi que le service de météo américain (NWS) a caractérisé la tempête qui touche le nord-est des  Etats-Unis depuis deux jours, en raison de la puissance explosive des baisses rapides de pression atmosphérique qu’elle génère. Le NWS a enregistré des rafales de vent de 80 à 120 km/h, et pronostiqué des températures polaires dans la nuit ainsi que des coupures de courant, habituelles chaque hiver quand la puissance du vent ou le poids de la neige arrachent les lignes électriques.

Plus de 95.000 foyers se trouvaient sans électricité, avaient annoncé samedi soir les autorités, alors que la neige continuait à tomber. Plusieurs villes de la région ont enregistré des records absolus, avec plus de 70 cm de neige. A  Boston, le record de 2003 a été égalé, la ville étant recouverte par 60 cm de poudreuse samedi. 900 chasse-neige étaient déployés dans les rues, progressant lentement. « La  neige était censée être légère, mais elle est un peu humide maintenant, et donc plus lourde », commentait un conducteur de chasse-neige, Mark Burns. Plus de 3.500 vols ont été annulés dans la région samedi, et plus de 1.200 étaient déjà annulés pour dimanche.

Le « cow-boy nu » toujours de sortie à New York

A New York, chasse-neige et machines à sel avançaient à vitesse d’escargot pour libérer peu à peu les rues, tandis que Central Park était sous 20 cm de neige, et que beaucoup de lignes de chemin de fer étaient fermées. A Times Square recouvert de neige, les fameux néons n’étaient plus que de vagues halos dans l’air plein de neige.

Mais les rares passants présents sont tombés stupéfaits sur le célèbre « cow-boy nu », alias Robert Burck, un artiste de rue qui joue de la guitare et chante quel que soit le climat. Comme à son habitude, il ne portait qu’un slip, son chapeau et ses bottes de cow-boy, impassible malgré le froid. « C’est fantastique », lance Gonzalo Vazquez, un touriste espagnol. « C’est comme si on était au ski, mais avec toutes ces lumières et ces écrans ».

Une femme retrouvée morte dans sa voiture

A Brooklyn, dans le quartier branché de Cobble Hill, les trottoirs étaient recouverts d’au moins 30 centimètres de neige et nombre de commerces fermés. « Happy Snow Day ! » (« Joyeux jour de neige ! »), a toutefois lancé un habitant du quartier, tout sourire, en sortant d’un des petits immeubles en brique typiques du quartier, aux toits blanchis. Le gigantesque réseau de métro de la mégapole de neuf millions d’habitants fonctionnait à peu près normalement et servait, comme pour chaque intempérie, de refuge aux milliers de sans-abri de cette ville aux profondes inégalités socio-économiques.

Au nord de la ville, sur Long Island, le cœur de la tempête, ce sont 60 cm qui se sont accumulés samedi soir selon la gouverneure de l’Etat de New York Kathy Hochul. Elle a mis en garde contre « une tempête très sérieuse » et « potentiellement meurtrière », mais seule une femme a été retrouvée sans vie dans sa voiture, possiblement morte de froid, selon le chef du comté de Nassau, Bruce Blakeman. « La phase la plus dangereuse de la tempête, c’est maintenant », a-t-elle lancé, demandant aux habitants « de continuer à tout prix d’éviter de se déplacer tandis que nos équipes dégagent les routes ».