« Bloody Sunday » : Cinquante ans après la fusillade, la douleur reste vive en Irlande du Nord

COMMEMORATION Le 30 janvier 2022, l’Irlande du Nord commémore les 50 ans de cette tragédie, où quatorze civils ont perdu la vie

M.K.
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Bloody Sunday: 50 ans après la fusillade, une douleur toujours vive en Irlande du Nord — 20 Minutes

C’est un épisode noir dans l’histoire de l’Irlande du Nord : le « dimanche ensanglanté », connu sous le nom de «  Bloody Sunday ». Il y a cinquante ans, le dimanche 30 janvier 1972 à Londonderry, des milliers de personnes marchent pour les droits civiques des catholiques nord-irlandais. En Irlande du Nord, les catholiques sont en effet discriminés face aux protestants, unionistes, qui dominent cette région de l’île depuis la partition en 1921. Ils dénoncent une situation « d’apartheid », des discriminations dans le vote, le logement, les emplois publics. Alors que la manifestation, interdite par les autorités, touche à sa fin, la situation dégénère.

Des parachutistes britanniques, amenés en renfort de Belfast, ouvrent le feu sur la foule, une tragédie. Le bilan de la fusillade est lourd : quatorze civils perdent la vie dont six adolescents de 17 ans. Plusieurs victimes ont été touchées par des balles dans le dos.

Ce sanglant événement va marquer durablement la communauté catholique et l’histoire. Les années qui suivent sont marquées par une grande violence, entre l'IRA (Irish Republican Army) et les forces de l’ordre britanniques. Il faudra attendre 2010 pour que la responsabilité de l'  armée britannique soit reconnue dans le massacre.

14 morts mais aucun soldat jugé

Les tragiques événements inspireront au groupe irlandais U2 la chanson éponyme Sunday Bloody Sunday.

Ce dimanche, une cérémonie de commémoration a eu lieu à Londonderry. Les noms des victimes ont été égréné et des proches des manifestants abattus ont renouvelé leur appel que justice soit rendue. Aucun soldat n’a en effet été jugé pour les événements du « Bloody Sunday »