Corée du Nord : Nouvel essai de missiles, le sixième de l’année en 2022, s’inquiète Séoul

ARMEMENT Un record en un mois depuis 2019 et l’échec des négociations entre Kim Jong-un et Donald Trump

M.F avec AFP
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Les passant regardent un écran de télévision montrant le lancement de missiles de la Corée du Nord dans une gare de Séoul, en Corée du Sud, le jeudi 27 janvier 2022.
Les passant regardent un écran de télévision montrant le lancement de missiles de la Corée du Nord dans une gare de Séoul, en Corée du Sud, le jeudi 27 janvier 2022. — Lee Jin-man/AP/SIPA

« La Corée du Nord a tiré un projectile non identifié dans la mer de l’Est », ont annoncé ce jeudi les chefs d’état-major interarmées de Corée du Sud. Ce tir d’armement d’essai dans la mer du Japon est le sixième de Pyongyang depuis le début de l’année. Pyongyang a déjà procédé mardi à deux essais de missiles de croisière selon Séoul, ce qui ne tombe pas sous le coup des sanctions actuelles de l’ONU. La Corée du Nord a également déclaré avoir  testé des missiles hypersoniques les 5 et 11 janvier et des missiles balistiques les 14 et 17 janvier.

La dernière fois que la Corée du Nord a testé autant d’armes en un mois remonte à 2019, après l’échec des négociations entre son dirigeant Kim Jong-un et le président des Etats-Unis de l’époque, Donald Trump.

Sanctions immédiates

Depuis 2019, les pourparlers entre les deux pays sont dans l’impasse et l’économie nord-coréenne ploie sous le coup des sévères sanctions internationales et de la fermeture des frontières pour se prémunir du Covid-19.

Cette série d’essais prohibés a suscité une condamnation mondiale et une réunion à huis clos du Conseil de sécurité des Nations unies. Les Etats-Unis ont également imposé de nouvelles sanctions en réponse, suscitant la colère de la Corée du Nord qui a laissé entendre la semaine dernière qu’elle pourrait reprendre ses essais nucléaires et d’armes à longue portée.

« Une course aux armements avec Séoul »

Le régime de Kim Jong-un « développe une diversité impressionnante d’armes offensives malgré des ressources limitées et de sérieux défis économiques », a déclaré Leif-Eric Easley, professeur à l’université Ewha de Séoul. « Certains essais nord-coréens visent à développer de nouvelles capacités, notamment pour échapper aux défenses antimissiles, a-t-il ajouté. D’autres lancements visent à démontrer l’état de préparation et la polyvalence des forces de missiles que la Corée du Nord a déjà déployées ».

Pour le professeur, Pyongyang est engagé dans « ce qu’il perçoit comme une course aux armements avec Séoul ». Les distances et l’altitude des essais de jeudi indiquent qu’ils relèvent de l’entraînement militaire régulier de la Corée du Nord - doté de l’arme nucléaire –, estime pour sa part Hong Min, chercheur à l’Institut coréen pour l’unification nationale à Séoul.

Mais les essais sont également « destinés à contrecarrer le déploiement maritime stratégique entre les Etats-Unis et la Corée du Sud, a-t-il déclaré. Ils reflètent par ailleurs le message de Pyongyang à la communauté internationale : ces entraînements font partie de l’exercice de sa souveraineté et le monde extérieur n’a pas à en parler. »