Le monde en alerte face à la grippe porcine

Faustine Vincent

— 

Après la psychose de la grippe aviaire, celle de la grippe porcine. De Mexico à Moscou en passant par New York, le monde entier était en état d'alerte, hier, face à un nouveau virus mal connu : celui de la grippe porcine, qui se transmet d'homme à homme, par voie aérienne.

Les Mexicains ont été les premiers touchés. « Une activité anormale a été relevée fin mars », note Gregory Hartl, porte-parole de l'Organisation mondiale de la santé (OMS) à Genève. Depuis, une vingtaine de personnes sont mortes, sur 1 324 cas suspects. Quatre malades ont été identifiés au Canada et au moins vingt aux Etats-Unis. Porteurs du même virus de souche A/H1N1 que les Mexicains, ils n'ont pourtant développé qu'une maladie bénigne. « On ne sait pas pourquoi, admet Gregory Hartl. Il y a beaucoup d'inconnues autour de cette maladie. On ignore combien il y a de cas et à quel point elle est mortelle. » L'OMS a déclenché l'alerte dès vendredi, mettant en garde contre le « potentiel pandémique » du virus et appelant les pays non touchés à accroître leur vigilance. La situation est « sérieuse » et « imprévisible », a affirmé l'organisation, ajoutant qu'il est « possible » que le virus « évolue et devienne beaucoup plus dangereux ». Les autorités sanitaires mondiales ont aussitôt réagi en renforçant leurs mesures de précaution. Dans la région de Mexico, foyer de l'épidémie, un décret présidentiel a ordonné l'isolement des patients et permis aux autorités à pénétrer « dans tout local », ainsi qu'à contrôler les voyageurs et les marchandises. « Très inquiets », les pouvoirs sanitaires américains ont affirmé que le nouveau virus s'étendait et ne pouvait pas être endigué. L'état d'urgence sanitaire a été déclaré dans le pays, tandis que Barack Obama ordonnait une « réponse efficace, énergique, coordonnée ». « Le virus peut être contenu », a rétorqué le Mexique, qui dispose de 340 millions d'euros pour lutter contre cette grippe.

Pour l'heure, aucun cas n'est signalé dans l'Union européenne. « Si cela arrive, on ne sait pas avec quelle virulence cela frappera. Mais on a les médicaments », précise Gregory Hartl. S'il invite à surveiller les personnes grippées de retour du Mexique ou des Etats-Unis, il met en garde contre les consultations tous azimuts, qui « engorgent les services médicaux et les empêchent de traiter les cas graves ». Prudence, donc, mais pas de panique. W