Syrie : Les combats entre les forces kurdes et les djihadistes ont fait 136 morts en 4 jours

DAESH La situation continue de se détériorier en Syrie

J.-L.D. avec AFP
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Un enfant en Syrie, illutration
Un enfant en Syrie, illutration — Delil SOULEIMAN / AFP

Pour le quatrième jour consécutif, des combats entre   djihadistes et forces  kurdes soutenues par la coalition internationale ont continué de faire rage ce dimanche en  Syrie avec un bilan alourdi à plus de 130 morts.

Déclenchés jeudi soir par un assaut majeur du groupe djihadiste Etat islamique (EI) contre la prison de Ghwayran (nord-est), l’une des plus grandes abritant des djihadistes en Syrie et gardée par les forces kurdes, les affrontements ont poussé à la fuite des milliers de civils dans un froid glacial. L’assaut a été lancé par quelque 100 combattants de l’EI pour libérer leurs camarades de la prison située à Hassaké, une région faisant parie des territoires contrôlés par les Kurdes en Syrie.

3.500 détenus djihadistes détenus dans la prison

Selon l’Observatoire syrien des droits de l’Homme (OSDH), « 77 djihadistes et 39 combattants kurdes ont été tués » en quatre jours, de même que « sept civils » dans ces combats qui ont lieu dans la prison et aux alentours. Cette attaque est la plus importante revendiquée par l’EI depuis sa défaite en 2019 en Syrie face aux Forces démocratiques syriennes (FDS) dominées par les forces kurdes et soutenues par la coalition internationale antidjihadiste dirigée par les Etats-Unis.

« Des combats féroces ont éclaté dimanche avant l’aube. Les forces kurdes tentent de reprendre le contrôle de la prison et de neutraliser les djihadistes se trouvant dans les zones environnantes » du centre de détention qui abrite quelque 3.500 djihadistes, a précisé l’OSDH. Les FDS sont soutenues par l’aviation de la coalition internationale.

Des djihadistes en liberté

Des membres des FDS ont été déployés en force dans et autour de la prison, recherchant les djihadistes et appelant via des haut-parleurs les civils à quitter le secteur. Les djihadistes « entrent dans les maisons et tuent des gens », a indiqué l’un des civils qui fuyait à pied. Hamcha Sweidan, une femme de 80 ans qui a réussi elle aussi à s’enfuir, a affirmé : « nous allions mourir de faim et de soif ». Et « maintenant nous ne savons pas où aller ». Selon les autorités kurdes, des milliers de personnes ont quitté leurs maisons près de la prison.

Les assaillants ont indiqué s’être emparés d’armes et avoir libéré des « centaines » de djihadistes. Plus de 100 des évadés ont pu être rattrapés par les forces kurdes mais des dizaines seraient encore en fuite, a indiqué l’OSDH. Des milliers de djihadistes sont détenus dans les centres de détention dans les vastes territoires du nord et nord-est de Syrie sous contrôle des autorités Kurdes. De nombreuses prisons étaient à l’origine des écoles et sont donc mal adaptées pour garder des détenus sur le long terme.

Une guerre depuis 2011

Selon les autorités kurdes, quelque 12.000 djihadistes de plus de 50 nationalités – européennes et autres sont détenus dans leurs prisons. Elles réclament en vain depuis des années leur rapatriement. Malgré sa défaite, l’EI parvient toujours à mener des attaques meurtrières grâce à des cellules dormantes.

Déclenchée en mars 2011 par la répression de manifestations prodémocratie, la guerre en Syrie s’est complexifiée au fil des ans avec l’implication de puissances régionales et internationales et la montée en puissance des djihadistes. Le conflit a fait environ 500.000 morts selon l’OSDH, dévasté les infrastructures du pays et déplacé des millions de personnes.