Conflit en Ukraine : Rendez-vous diplomatique « la semaine prochaine » entre la Russie et les Etats-Unis

DIPLOMATIE L’organisation d’une rencontre entre Joe Biden et Vladimir Poutine paraît cependant prématurée côté russe

20 Minutes avec AFP
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Cyberattaque: Kiev dit avoir des « preuves » de l’implication de la Russie — 20 Minutes

La rencontre à Genève entre les chefs de la diplomatie russe et américaine, Sergueï Lavrov et Antony Blinken, ce vendredi n’a pas tout réglé, loin de là. Mais elle est la première pierre d’une détente possible, après des semaines où la tension n’a cessé de grimper à la  frontière russo-ukrainienne. Si le ton a été « franc et substantiel », selon Anthony Blinken, Sergueï Lavrov a relevé que lui et le secrétaire d’Etat américain étaient « d’accord qu’un dialogue raisonnable (était) nécessaire » pour que « l’émotion retombe », après un peu moins de deux heures de discussions. Reste que les exigences des deux puissances sont diamétralement opposées.

Pour Washington, la perspective d’une incursion militaire russe en Ukraine est de plus en plus probable, des dizaines de milliers de soldats étant déployés depuis des semaines près de son voisin pro-occidental. Le chef de la diplomatie américaine a demandé à la Russie de prouver qu’elle n’avait pas l’intention d’envahir l’Ukraine. « Un bon moyen de le faire c’est de ramener -de retirer- ses troupes à la frontière ukrainienne », a-t-il insisté.

Un sommet Poutine-Biden à venir ?

Le Kremlin dément tout bellicisme, mais conditionne une désescalade à des traités garantissant le non-élargissement de l’Otan, en particulier à l’Ukraine, et un retrait de l’Alliance d’Europe de l’Est. Inacceptable, disent les Occidentaux, qui menacent la Russie de sanctions destructrices en cas d’attaque contre l’Ukraine. Sur le fond, « je ne sais pas si nous sommes sur la bonne voie », a résumé Sergueï Lavrov, alors que son homologue pense « que nous sommes maintenant sur le bon chemin pour comprendre les inquiétudes et les positions de chacun ».

Les deux hommes ont convenu de se retrouver la semaine prochaine, et Anthony Blinken n’a pas écarté un sommet Joe Biden – Vladimir Poutine. Une idée que son homologue russe a jugé prématurée. Signe de la complexité de la situation, la diplomatie russe a choisi ce vendredi, jour de négociations, pour insister sur un retrait des troupes étrangères des pays de l’Otan de tous les Etats ayant rejoint l’Alliance après 1997, citant nommément la Bulgarie et la Roumanie. Inacceptable, a répliqué le ministère roumain des Affaires étrangères, faisant écho à la position de tous les membres de l’Alliance.

Moscou multiplie les exercices militaires

Pour Moscou, l’essentiel est d’arracher un recul de l’Otan, perçue comme une menace existentielle et dont les élargissements successifs rappellent l’humiliation de la chute de l’URSS. Pour les Américains, un retrait d’Europe n’est pas une possibilité, mais l’administration Biden se dit prête à discuter des craintes des Russes pour leur sécurité.

Une piste serait de travailler sur le défunt traité de désarmement nucléaire signé pendant la Guerre froide et que l’ex-président américain Donald Trump avait enterré. En attendant, Moscou affiche ses ambitions et sa puissance militaires. Derniers exemples en date : des manœuvres militaires en Biélorussie, juste au nord de l’Ukraine, et des exercices navals d’envergure annoncés dans l’Atlantique, l’Arctique, le Pacifique et la Méditerranée.