La Russie et les Etats-Unis entament une ultime tentative pour désamorcer la crise ukrainienne

TENSIONS Sergueï Lavrov et Antony Blinken doivent se rencontrer plusieurs heures à Genève pour tenter de sortir de l’actuelle crise diplomatique

M.F avec AFP
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Le secrétaire d'État américain Antony Blinken (à gauche) et son homologue russe Sergueï Lavrov s'expriment lors de leur rencontre en marge de la réunion de l'Organisation pour la sécurité et la coopération en Europe (OSCE) à Stockholm, le 2 décembre 2021.
Le secrétaire d'État américain Antony Blinken (à gauche) et son homologue russe Sergueï Lavrov s'expriment lors de leur rencontre en marge de la réunion de l'Organisation pour la sécurité et la coopération en Europe (OSCE) à Stockholm, le 2 décembre 2021. — Jonathan NACKSTRAND / POOL / AFP

Les chefs de la diplomatie américaine et russe se rencontrent ce vendredi à Genève. Sergueï Lavrov et Antony Blinken vont tenter, pendant près de deux heures de discussion, de désamorcer la crise ukrainienne. Un objectif ambitieux vu les divergences qui opposent les deux pays sur la question, mais nécessaire alors que la Russie masse des milliers de soldats aux frontières de l’Ukraine et que  Washington soupçonne Moscou de vouloir envahir son voisin.

La rencontre, prévue à la mi-journée dans un palace de Genève, en Suisse, est le dernier pas de deux d’un intense ballet diplomatique qui avait commencé par deux conversations entre Vladimir Poutine et Joe Biden en décembre. « Nous sommes confrontés à des problèmes complexes et les résoudre prendra du temps. Je ne m’attends pas à ce que nous les réglions à Genève », a dit jeudi à Berlin Antony Blinken, qui table sur une « compréhension mutuelle » et une désescalade côté russe pour apaiser les tensions.

Menaces de sanctions

Une nouvelle fois, Européens et Américains ont martelé que Moscou s’exposera à des sanctions ravageuses en cas d’offensive en Ukraine. « Il doit être clair que dans une telle situation, la Russie doit s’attendre à des coûts considérables et graves », a expliqué la chancellerie allemande dans un communiqué après un rendez-vous téléphonique jeudi entre Olaf Scholz et le Premier ministre britannique. Un porte-parole de Boris Johnson a lui déclaré qu’ils avaient « partagé leur profonde inquiétude face à l’action déstabilisatrice en cours de la Russie en Ukraine, et ont déclaré que toute invasion de l’Ukraine serait une grave erreur stratégique ».

Mercredi, le président Joe Biden a jugé que son homologue Vladimir Poutine « va entrer » en Ukraine et il lui a promis « une réponse rapide, sévère et unie des Etats-Unis et de nos alliés » si l’armée russe franchit la frontière. Le Kremlin a dénoncé jeudi les remarques « déstabilisatrices », qui pourraient donner des idées « aux têtes brûlées parmi les représentants ukrainiens ».

Un petit espoir

« Laisser la Russie violer ces principes en toute impunité nous ramènerait tous vers des temps plus dangereux et plus instables, lorsque ce continent – et cette ville – étaient coupés en deux, séparés par un no man’s land quadrillé par des patrouilles de militaires, et lorsque la menace d’une guerre totale pesait lourdement sur la vie de chacun », a rappelé Antony Blinken dans un discours prononcé avant son départ pour la Suisse. « Cela enverrait également le message, à d’autres à travers le monde, que ces principes peuvent être sacrifiés », a-t-il mis en garde.

Mais la porte n’est pas tout à fait fermée pour autant, l’administration Biden ayant répété à plusieurs reprises qu’elle était prête à discuter des craintes des Russes pour leur sécurité. Lors des premiers entretiens la semaine dernière en Suisse, la secrétaire d’État adjointe américaine Wendy Sherman a proposé de s’inspirer du défunt traité de désarmement sur les forces nucléaires à portée intermédiaire (INF), signé pendant la Guerre froide avec Moscou. Mercredi, le président Biden s’est dit prêt à un nouveau sommet avec Vladimir Poutine, après celui du 16 juin 2021 à Genève.