Un an à la Maison Blanche : Covid-19, inflation, revers au Congrès… Joe Biden défend son bilan et trébuche sur l’Ukraine

ANNIVERSAIRE Le président américain a tenu une longue conférence de presse, mercredi, vantant les « progrès » réalisés malgré des « défis » restants

P.B. avec AFP
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Etats-Unis: Un an après son investiture, quel bilan pour Joe Biden ? — 20 Minutes

S’il était le principal d’un collège, il adresserait les encouragements à son administration. Au cours d’une conférence de presse marathon de près de deux heures, un Joe Biden en pleine zone de turbulences a défendu le bilan de sa première année à la Maison Blanche. Mais sa mise au point a été éclipsée par la crise ukrainienne, alors qu’il a semblé fataliste sur une probable « incursion mineure » de la Russie. Et quelques heures plus tard, les démocrates ont échoué au Sénat à faire adopter la réforme électorale défendue par le président américain, un revers emblématique de ces douze derniers mois. Et sans doute des dix prochains, avant des midterms de novembre qui s’annoncent périlleuses pour les démocrates.

Satisfecit sur l’emploi, les infrastructures et la vaccination

« Pouvez-vous me citer un autre président qui ait accompli autant de choses que moi en un an ? » Remonté, Joe Biden a d’abord fait le bilan de ses succès : 6 millions d’emplois créés, un taux de chômage à un plus bas historique, sous les 4 %, et un investissement de 1.200 milliards de dollars pour rénover les infrastructures adopté avec l’aide de quelques républicains.

Sur le Covid-19, la situation est plus mitigée. Joe Biden se félicite d’avoir plus de 200 millions d’Américains vaccinés. Mais alors que les Etats-Unis ont longtemps fait la course en tête, cela ne représente que 63 % de la population. La France, en comparaison, approche des 78 %. Et si le président américain a tenté d’imposer une obligation dans les grandes entreprises, la Cour suprême a bloqué son décret.

Des promesses sur l’inflation

Réaliste, Joe Biden a reconnu que les Etats-Unis faisaient face à « des défis ». Lutter contre l’inflation exigera « un effort de longue haleine », a-t-il concédé. « D’ici là, ce sera douloureux pour beaucoup de monde », face à des prix qui se sont envolés de 7 % sur un an, notamment sur l’essence, les loyers et l’alimentation. Le président américain a appelé la banque centrale à s’attaquer à ce fléau, et demandé au Congrès de voter une loi pour accélérer la croissance et optimiser la chaîne d’approvisionnement.

Des espoirs pour un compromis législatif

Joe Biden va-t-il devoir revoir ses ambitions à la baisse, face aux divisions démocrates au Sénat ? Non, assure-t-il tout en concédant que deux projets de loi étaient mal embarqués. Dans la soirée, le Sénat a d’ailleurs rejeté la réforme électorale qu’il défendait : deux démocrates centristes, Joe Manchin et Kyrsten Sinema, ont refusé de voter pour changer la majorité de 60 à 50 voix, portant un coup fatal au texte.

Joe Biden a toutefois assuré que « des grosses parties » de son plan d’investissement dans le social et le climat « Build back Better » pourraient être adoptées dans les prochains mois. Il devra sans doute renoncer au crédit d’impôts pour des enfants à charge auquel s’oppose Joe Manchin.

Polémique sur l’Ukraine

Joe Biden n’apprécie pas l’exercice des conférences de presse et a la fâcheuse habitude de trébucher quand il improvise. Le président américain a évoqué la possibilité d’une incursion « mineure » de la Russie dans le pays, auquel cas les pays de l’Otan risqueraient selon lui de se diviser sur la réponse à apporter. « Si des forces militaires russes franchissent la frontière de l’Ukraine, cela constituera une nouvelle invasion qui attirera une réponse rapide, sévère et unie des Etats-Unis et de nos alliés », s’est empressée de clarifier la porte-parole de la Maison Blanche, Jen Psaki.

L’opposition républicaine s’est malgré tout emparée du sujet, reprochant au président américain de se résigner à une attaque de Moscou, à condition qu’elle ne soit pas trop spectaculaire.

Malgré les turbulences actuelle, le président américain s'est projeté jusque dans l'élection de 2024, indiquant qu'il choisirait à nouveau son actuelle vice-présidente, Kamala Harris, pour être sa colistière.