Ukraine : Biden critiqué pour son fatalisme sur une probable « incursion mineure » des Russes

CRISE INTERNATIONALE Les Républicains sont vent debout contre le locataire de la Maison-Blanche, qui a semblé mercredi acter une prochaine action de Vladimir Poutine en Ukraine

20 Minutes avec AFP
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Un convoi de militaires russes en Crimée, le 18 janvier 2022.
Un convoi de militaires russes en Crimée, le 18 janvier 2022. — /AP/SIPA
  • Joe Biden a distingué mercredi « incursion mineure » et invasion majeure de l’Ukraine. Les Républicains accusent le président de donner ainsi son « feu vert à Vladimir Poutine ».
  • La Maison-Blanche tente depuis d’éteindre la polémique, en précisant qu’une attaque entraînerait « une réponse rapide, sévère et unie des Etats-Unis et de nos alliés ».
  • Le secrétaire d’Etat américain discute ce jeudi à Berlin avec l’Allemagne, la France et le Royaume-Uni, avant une rencontre vendredi avec son homologue russe.

La politique internationale de Joe Biden est sous le feu des critiques des Républicains. Il faut dire que le président a semblé mercredi accréditer l’idée d’une probable prochaine « incursion » russe en  Ukraine, s’attirant les foudres de l’opposition qui l’accuse d’avoir donné à Vladimir Poutine un « feu vert » pour envahir son voisin.

Alors que, depuis Kiev, son secrétaire d’Etat Antony Blinken appelait Moscou à choisir la « voie pacifique », le président des Etats-Unis a soufflé le chaud et le froid. « Je pense qu’il ne veut toujours pas d’une guerre à grande échelle », a-t-il lancé au sujet de son homologue russe, lors d’une conférence de presse à la Maison-Blanche. Pour autant, « il va tester l’Occident ». « Je pense qu’il va rentrer » en Ukraine d’une manière ou d’une autre, a-t-il prédit.



Joe Biden a également reconnu que la réaction et l’unité des Occidentaux dépendraient de ce que fera Moscou. « Si c’est une incursion mineure », les membres de l’Otan risquent de se diviser sur l’ampleur de la riposte, mais si les Russes « font ce dont ils sont capables avec les forces qu’ils ont massées à la frontière, ce sera un désastre pour la  Russie », a-t-il insisté. La situation pourrait alors « échapper à tout contrôle ».

La Maison-Blanche fait un pas en arrière

Des ténors républicains ont immédiatement accusé le président démocrate de s’être résigné sur ce dossier. « L’impuissance de Joe Biden a enhardi Vladimir Poutine, et voilà qu’il vient de donner un feu vert à Poutine pour envahir l’Ukraine », a ainsi réagi sur Twitter le sénateur Tom Cotton. « Donc s’il ne prend que certaines zones de l’Ukraine, notre réponse sera moins sévère que s’il annexe tout ? », s’est aussi indigné son collègue Marco Rubio.

La Maison-Blanche a aussitôt tenté de clarifier le propos présidentiel, assurant qu’il n’avait fait qu’établir une différence entre une offensive « militaire » d’une part et « non militaire, paramilitaire ou cyber » d’autre part. « Chacune de ces actions aura sa riposte proportionnelle », a assuré une porte-parole. « Si des forces militaires russes franchissent la frontière de l’Ukraine, cela constituera une nouvelle invasion » qui entraînera une réponse sévère, a également fait savoir jeudi la Maison-Blanche, dans une volonté d’éteindre le feu autour des propos de Biden.

Biden prêt à négocier sur les exigences russes

Discret sur les représailles en cas d’incursion « mineure », Joe Biden a en tout cas détaillé avec fermeté les conséquences d’une invasion d’envergure. « S’ils envahissent, ils vont le payer, ils ne pourront plus passer par les banques, ils ne pourront faire de transactions en dollars », a-t-il mis en garde, évoquant aussi le risque de « lourdes » pertes humaines sur le champ de bataille.

Le locataire de la Maison-Blanche a toutefois tendu la main sur les exigences de la Russie et s’est même dit prêt à un nouveau sommet avec Vladimir Poutine. Sur la garantie exigée par le Kremlin que l’Ukraine n’adhérera jamais à l’Otan, il a fait valoir que dans les faits, il était peu probable que Kiev en devienne membre dans un avenir proche. Et sur la promesse que les Occidentaux ne déploieront pas d’armes stratégiques sur le territoire ukrainien, « nous pouvons trouver une solution », a-t-il assuré.

Après une série de pourparlers diplomatiques en Europe la semaine dernière, Moscou et Washington doivent tenter une nouvelle fois vendredi de désamorcer la crise lors d’un face-à-face à Genève entre Antony Blinken et son homologue russe Sergueï Lavrov. Le secrétaire d’Etat américain est auparavant attendu ce jeudi à Berlin pour des discussions avec l’Allemagne, la France et le Royaume-Uni.