Le parquet antiterroriste ouvre une enquête sur « l’assassinat » d’une touriste française au Maroc

INVESTIGATIONS Une ressortissante française de 79 ans a été tuée samedi sur un marché de Tiznit, dans le sud du Maroc, à l’aide d’une arme blanche

20 Minutes avec AFP
— 
Une voiture de police marocaine (illustration).
Une voiture de police marocaine (illustration). — FADEL SENNA / AFP

Le parquet national antiterroriste (Pnat) a annoncé l’ouverture d’une enquête, ce mercredi dans un communiqué, pour « assassinat en relation avec une entreprise terroriste » après  le meurtre samedi d'une touriste française à Tiznit dans le sud du  Maroc.

Cette ressortissante française de 79 ans a été tuée sur un marché de Tiznit à l’aide d’une arme blanche. Elle résidait dans un camping proche de cette petite ville. Lundi, l’enquête avait été confiée par le parquet marocain à la police antiterroriste, soupçonnant « un mobile terroriste du crime », a déclaré une source proche de l’enquête, ce lundi. Le Bureau central d’investigations judiciaires (BCIJ) « a été chargé de l’enquête dans cette affaire sous la supervision du procureur du roi près de la Cour d’appel de Rabat en raison de suspicions sur un mobile terroriste du crime », a précisé la source sous couvert d’anonymat.

Paris recommande à ses ressortissants d’être vigilants

Un suspect âgé de 31 ans a été arrêté le jour même à Agadir, à quelques kilomètres seulement du lieu du crime. Il est également soupçonné d’avoir commis « une tentative  d’assassinat » d’une Belge à Agadir, avait révélé samedi la police marocaine.

La ressortissante belge a été blessée à l’arme blanche et hospitalisée dans cette ville touristique. Ses jours ne sont pas en danger. A la suite du meurtre de la septuagénaire, le ministère français des Affaires étrangères a « recommandé de faire preuve de vigilance dans l’ensemble des lieux publics et lors de ses déplacements au Maroc », dans un conseil aux voyageurs posté sur le site Internet de l’ambassade de France au Maroc.

Placé dans un hôpital psychiatrique

« Le juge d’instruction chargé du dossier a décidé ce [mercredi] soir de placer le suspect à l’hôpital psychiatrique Ar-Razi à Salé après consultation avec le parquet. Il y sera soumis à une expertise médicale et l’enquête se poursuit », a précisé la source marocaine. Selon la police, le suspect, sous le coup d’une enquête antiterroriste dorénavant, avait auparavant été admis dans un hôpital psychiatrique « du 25 septembre au 25 octobre 2021 ».

Le Maroc été le théâtre fin 2018 d’une attaque contre deux touristes scandinaves, décapitées au nom de l’EI dans les montagnes du Haut-Atlas (Sud). A l’issue d’un procès très suivi, les accusés ont été condamnés à la peine de mort, non appliquée au Maroc depuis 1993. Depuis 2002, la police marocaine a démantelé plus de 2.000 cellules terroristes et interpellé plus de 3.500 personnes dans le cadre d’affaires liées au « terrorisme », selon les données communiquées en 2021 par le BCIJ.