Ukraine : Washington craint une attaque russe « à tout moment »

GEOPOLITIQUE Le secrétaire d’Etat américain doit rencontrer son homologue russe vendredi, alors que les Etats-Unis s’inquiètent du possible déploiement d’armes nucléaires en Biélorussie

20 Minutes avec AFP
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Des chars russes transportés au Bélarus le 18 janvier 2021 (photo fournie par le ministère de la Défense bélarusse).
Des chars russes transportés au Bélarus le 18 janvier 2021 (photo fournie par le ministère de la Défense bélarusse). — AFP

Les prochains jours s’annoncent cruciaux. Attaque de l’Ukraine possible « à tout moment », manœuvres jugées inquiétantes en Biélorussie : les Etats-Unis sonnent désormais l’alarme tous azimuts contre la Russie, avec laquelle ils assurent toutefois chercher encore une « porte de sortie diplomatique. » « Nous sommes à un stade où la Russie peut lancer à tout moment une attaque en Ukraine », a estimé la porte-parole de la Maison-Blanche Jen Psaki, parlant d’une « situation extrêmement dangereuse ».

Peu de temps après, le chef de la diplomatie américaine Antony Blinken s’est envolé pour l’Europe. A son programme : des consultations avec l’Ukraine et les Européens mais surtout, vendredi, une entrevue avec son homologue russe à Genève. Washington s’est par ailleurs alarmé des manœuvres russes présentes et à venir en Biélorussie, pays voisin de l’Ukraine. Le porte-parole du Pentagone a estimé que le président russe Vladimir Poutine était « clairement en train de monter un dispositif de forces lui donnant plusieurs options. »

Possible déploiement d’armes nucléaires

Une responsable du département d’Etat a pour sa part déclaré que des exercices militaires russo-biélorusses annoncés mardi par la Biélorussie allaient « bien au-delà de la normale » et pourraient présager d’une présence militaire permanente de la Russie dans cette ancienne république soviétique restée intimement liée à Moscou. La même source s’est aussi inquiétée d’un projet de réforme constitutionnelle en Biélorussie qui permettrait un déploiement d’armes nucléaires russes dans ce pays frontalier de l’Ukraine mais aussi de la Pologne.

Si Moscou passait à l’acte en Ukraine, « aucune option n’est exclue » côté américain, a averti Jen Psaki, interrogée à la fois sur le très stratégique gazoduc Nord Stream 2 débouchant en Allemagne, et sur une exclusion de la Russie de « Swift », un système essentiel d’échanges bancaires internationaux.

En fin de semaine dernière, Washington avait déjà accusé Moscou d’avoir dépêché en Ukraine des agents chargés de procéder à des opérations de « sabotage » afin de créer un « prétexte » pour une invasion.

Rencontre Blinken-Lavrov vendredi

Ce ton toujours plus alarmiste de la part des Etats-Unis coïncide avec une nouvelle tentative de dialogue avec la Russie. La diplomatie américaine a ainsi confirmé que le secrétaire d’Etat Antony Blinken rencontrerait son homologue russe, Sergueï Lavrov, vendredi à Genève.

« Il est encore trop tôt pour dire si le gouvernement russe est sincèrement intéressé par la diplomatie, s’il est prêt à négocier sérieusement et de bonne foi, ou s’il utilisera ces discussions comme un prétexte pour affirmer que les échanges diplomatiques n’ont pas tenu compte des intérêts de Moscou », a commenté une source au département d’Etat sous couvert d’anonymat.

Avant cela, Antony Blinken est attendu mercredi à Kiev dans un contexte explosif, la Russie ayant déployé des dizaines de milliers de militaires à la frontière ukrainienne. Il y était précédé mardi par son homologue canadienne Mélanie Joly, qui a souligné la nécessité de se tenir « aux côtés de l’Ukraine » face à la Russie qui « est l’agresseur ». Le secrétaire d’Etat américain se rendra ensuite à Berlin pour des discussions avec le Royaume-Uni, la France et l’Allemagne.

Londres a de son côté annoncé l’envoi d’armements, comme des missiles antichars, à l’Ukraine, alors que Kiev se plaignait justement du manque d’empressement des Occidentaux à renforcer leur aide militaire.