La Turquie et l'Arménie souhaitent normaliser leurs relations

DIPLOMATIE Les deux pays, qui n'ont toujours pas de relations diplomatiques en raison de divergences sur la question des massacres d'Arméniens, ont signé une feuille de route...

Avec agence

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Les président turc Abdullah Gul (à gauche) et arménien Serge Sargsyan après une rencontre à Yerevan en Arménie le 6 septembre 2008.
Les président turc Abdullah Gul (à gauche) et arménien Serge Sargsyan après une rencontre à Yerevan en Arménie le 6 septembre 2008. — STR/EPA/SIPA

Un pas en avant. La Turquie et l'Arménie, qui n'ont pas de relations diplomatiques, sont tombées d'accord sur une «feuille de route» en vue d'une normalisation de leurs relations, a annoncé mercredi le ministère turc des Affaires étrangères, à la veille du 94e anniversaire du génocide arménien.

Ces pourparlers ont abouti à «des progrès concrets et à une compréhension mutuelle», selon le communiqué du ministère turc. Des progrès qui «créent une perspective positive pour le processus en cours», poursuit le ministère.

Le génocide reconnu par le Parlement européen

Ankara n'entretient pas de relations diplomatiques avec Erevan depuis l'indépendance de l'Arménie - naguère république soviétique - en 1991, en raison de divergences sur la question des massacres d'Arméniens survenus dans l'Empire ottoman entre 1915 et 1917.

Les massacres et déportations ont fait plus d'un million et demi de morts selon les Arméniens, 300.000 à 500.000 selon la Turquie qui récuse la notion de génocide reconnue notamment par la France, le Canada et le Parlement européen.

Une visite historique du président turc, Abdullah Gül, à Erevan en septembre dernier, à l'occasion d'un match de football entre les deux pays, avait cependant mis un terme au silence diplomatique. Les deux pays avaient affiché leur intention de normaliser leurs relations.

Ouverture de la frontière dans l'année?

Les contacts se sont depuis multipliés au niveau ministériel et en janvier, à Davos (Suisse), le Premier ministre turc Recep Tayyip Erdogan s'est entretenu avec le président arménien Serge Sarkissian, qui le 10 avril a dit s'attendre à une ouverture de la frontière dans l'année.

Mi-avril, l'institut de recherche International Crisis Group (ICG) a révélé l'existence d'un projet d'accord, prévoyant l'ouverture de la frontière, l'établissement progressif de relations diplomatiques et la création de commissions bilatérales, dont l'une s'intéressant à la question du génocide.