Parlement européen : Qui est la nouvelle présidente Roberta Metsola, opposée à l’IVG ?

SCRUTIN Roberta Metsola a néanmoins assuré son intention d'« aller plus loin pour plus d’égalité hommes-femmes » et « pour garantir et défendre les droits des femmes »

M.P. avec AFP
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Roberta Metsola au Parlement européen à Strasbourg, le 17 janvier 2022.
Roberta Metsola au Parlement européen à Strasbourg, le 17 janvier 2022. — Jean-Francois Badias/AP/SIPA

Roberta Metsola a été élue, ce mardi, présidente du Parlement européen. La conservatrice maltaise a obtenu la majorité absolue dès le premier tour du scrutin, en dépit de son opposition à  l'avortement, qui a suscité de nombreuses critiques. Avec 458 voix des 616 bulletins exprimés (sur 690 votants), Roberta Metsola succède ainsi à l’Italien  David Sassoli, décédé le 11 janvier et dont le mandat s’achevait cette semaine. Voici trois choses à savoir sur Roberta Metsola.

Roberta Metsola est membre de la première force politique du Parlement

Membre du Parti nationaliste maltais et nommée eurodéputée en 2013, Roberta Metsola est devenue l’une des premières élues maltaises à siéger à Strasbourg. Elle est membre du groupe de droite du Parti populaire européen (PPE), première force politique du Parlement. Elle faisait donc figure de favorite pour en prendre les rênes jusqu’à l’été 2024. Vice-présidente du Parlement depuis 2020, Roberta Metsola, qui, hasard du calendrier, fête ses 43 ans ce mardi, avait récemment gagné en visibilité en assurant l’intérim de David Sassoli.

Roberta Metsola est membre de la commission des libertés civiles, de la justice et des affaires intérieures. Elle participe également à la commission spéciale du Parlement européen sur la lutte contre le terrorisme ou à la commission d’enquête sur les Panama Papers. L’élue serait, selon  Politico, également spécialiste des questions sur la migration et a été coauteure du rapport sur la réponse de l’Europe à la crise des réfugiés.

Roberta Metsola est une anti-IVG convaincue

Mère de quatre enfants, Roberta Metsola est hostile au droit des femmes à disposer de leur corps. L’élue s’est attiré les critiques de certains de ses collègues : en cause, ses convictions anti-avortement, une opinion très largement répandue à Malte, dernier pays de l’UE où l’IVG reste complètement illégale. Selon Le Monde, la quadra se serait même abstenue lors d’un vote appelant la Commission européenne à criminaliser les violences faites aux femmes. Alors candidate à la présidence du Parlement, Roberta Metsola avait promis de ne pas défendre ses positions ouvertement anti-IVG à la tête de l’institution. Consciente des réserves qu’elle a suscitées, elle avait assuré que son « devoir sera de représenter la position du Parlement », y compris sur les droits sexuels et reproductifs.

Elle a néanmoins exprimé, dès sa première prise de parole après l'annonce des résultats, son intention d'«aller plus loin pour plus d'égalité hommes-femmes» et «pour garantir et défendre les droits des femmes». «Sur ce sujet, ma position est celle du Parlement européen, qui est sans ambiguïté : le Parlement a appelé à maintes reprises à ce que les droits sexuels et reproductifs soient mieux protégés», a-t-elle déclaré au cours d'une conférence de presse. Clément Beaune, le secrétaire d’Etat français en charge des questions européenne, s’est ainsi dit « gêné par le symbole de son élection », mardi sur France Info. « La position personnelle de madame Metsola est d’être contre le droit à l’avortement. C’est d’ailleurs la position de tous les responsables politiques maltais. Je le regrette profondément », a-t-il affirmé.

Roberta Metsola, la plus jeune présidente du Parlement

Roberta Metsola est la troisième femme à présider l’assemblée de 705 députés, après les Françaises Simone Veil (1979-1982) et Nicole Fontaine (1999-2002). A 43 ans, elle devient aussi la plus jeune présidente du Parlement. L’élection de Roberta Metsola respecte la tradition d’alternance entre gauche et droite à la présidence, qui a quasiment toujours été observée lors des élections de mi-législature au Parlement. Issue du Parti populaire européen (PPE), Roberta Metsola a obtenu le soutien du S&D (sociaux-démocrates) et de Renew Europe, à la faveur d’un accord conclu lundi entre les trois formations autour d’une feuille de route commune.

Signe de la sensibilité du positionnement de la nouvelle présidente sur l’avortement, le document mentionne, en première priorité, « l’alignement par le haut des droits des femmes en Europe », y compris sur la « santé sexuelle et reproductive ». Cette feuille de route accorde également une attention renforcée au maintien de l’Etat de droit, face aux « violations qui se multiplient et s’enracinent » dans plusieurs Etats membres. Parmi les autres priorités figurent notamment la protection de l’environnement, avec l’objectif que l’Europe devienne le « premier continent » a compenser intégralement ses émissions polluantes, la mise en place d’un nouveau cadre « fiscal européen » ou l’entrée en vigueur d’une directive sur le salaire minimum.