Martin Shkreli, qui avait multiplié par 55 le prix d'un médicament, condamné à restituer 64 millions de dollars

PAYBACK Le spéculateur américain a également été banni à vie de l'industrie pharmaceutique

P.B.
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Le spéculateur du médicament Martin Shkreli lors d'une audition devant le Congrès américain le 4 février 2016.
Le spéculateur du médicament Martin Shkreli lors d'une audition devant le Congrès américain le 4 février 2016. — Susan Walsh/AP/SIPA

L’affaire lui avait valu le titre d’homme le plus détesté d’Amérique. Le « pharma bro » Martin Shkreli, qui avait multiplié par 55 le prix d’un médicament utilisé pour traiter la toxoplasmose en 2015, a été condamné vendredi à restituer 64,6 millions de dollars de profits engrangés via une spéculation jugée illégale au regard des lois antitrust. Il est également banni à vie de toute position dans l’industrie pharmaceutique.

Selon une juge new-yorkaise, Shkreli, en rachetant les droits exclusifs aux Etats-Unis pour le daraprim (nom commercial de la pyrimethamine) puis en faisant passer le prix d’un cachet de 13,5 à 750 dollars, a abusé de sa position dominante, notamment en bloquant l’arrivée de génériques.

La somme devra être restituée à plusieurs Etats qui avaient porté plainte et qui seront chargés d’indemniser les victimes.

Libération prochaine

Le bad boy de Wall Street, qui s’était notamment attiré les foudres d’Hillary Clinton pendant la campagne de 2016, s’était également illustré en rachetant en exclusivité un album du Wu-Tang Can jamais commercialisé pour 2 millions de dollars. Il avait ensuite été suspendu par Twitter pour avoir harcelé une journaliste.

Surtout, Martin Shkreli a été condamné à 7 ans de prison en 2018 pour une fraude bancaire dans une autre affaire. Il pourrait être éligible à une libération conditionnelle en novembre prochain.