Pays-Bas : Le roi n’utilisera plus jusqu’à nouvel ordre son carrosse doré qui glorifie l’esclavage

CONTROVERSE Le carrosse est orné d’une décoration représentant des hommes noirs agenouillés devant leurs maîtres blancs

20 Minutes avec agences
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Le roi Willem-Alexander des Pays-Bas n'utilisera plus le carrosse « Gouden Koets ».
Le roi Willem-Alexander des Pays-Bas n'utilisera plus le carrosse « Gouden Koets ». — DPPA/Sipa USA/SIPA

Le roi Willem-Alexander des Pays-Bas a annoncé jeudi qu’il n’utilisera plus jusqu’à nouvel ordre le carrosse doré royal. Le véhicule est au centre d’un débat à cause de représentations qui glorifient l’esclavage. La somptueuse voiture à chevaux, appelée « Gouden Koets », n’a toutefois plus été utilisée depuis 2015. Après une rénovation complète qui a duré cinq ans, elle trône comme pièce maîtresse d’une exposition à Amsterdam sur le passé colonial des Pays-Bas.

Le carrosse doré à l’or fin était utilisé par la famille royale pour des baptêmes, mariages et autres occasions. Mais il est l’objet de controverses à cause d’une décoration sur son flanc gauche représentant des hommes noirs agenouillés devant leurs maîtres blancs, dont une jeune femme sur un trône représentant les Pays-Bas, à qui ils remettent du cacao et de la canne à sucre.

Sur la peinture, appelée Hommage des colonies, on voit également un jeune homme blanc donner un livre à un garçon noir, une scène dans laquelle le peintre Nicolaas van der Waay a dit en 1896 avoir représenté la « civilisation ».

« Nous ne pouvons pas réécrire le passé »

Le roi Willem-Alexander estime que la société néerlandaise n’est pas « prête » pour revoir déambuler dans les rues le carrosse lors de cérémonies officielles. « Nous ne pouvons pas réécrire le passé. Nous pouvons essayer de l’accepter ensemble. Cela s’applique également au passé colonial », a déclaré le roi Willem-Alexander dans une vidéo officielle.

« Le Gouden Koets ne pourra être utilisé que lorsque les Pays-Bas seront prêts pour cela. Et ce n’est actuellement pas le cas », a-t-il poursuivi. « Tant qu’il y aura des personnes vivant aux Pays-Bas qui ressentent quotidiennement la douleur de la discrimination, le passé jettera encore son ombre sur notre temps », a-t-il ajouté.