Angleterre : Huit victimes d’un coach pédocriminel déboutées de leur demande d’indemnisation contre Manchester City

JUSTICE La justice a estimé que le lien entre les abus sexuels, qui se seraient déroulés entre 1979 et 1991, et les relations que Barry Bennell entretenait avec le club était insuffisant pour rendre le club anglais responsable Les faits se seraient déroulés entre 1979 et 1985, dans le nord-ouest de l’Angleterre, et les huit hommes affirment que Bennell était alors un recruteur pour les Citizens, ce que le club contestait à ces dates-là

20 Minutes avec AFP
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Le stade de Manchester City.
Le stade de Manchester City. — Javier Garcia/BPI//SIPA

Un tribunal londonien a débouté lundi huit hommes, victimes dans leur enfance des agissements d’un entraîneur condamné depuis pour des actes de pédocriminalité. Ils demandaient des dommages et intérêts à Manchester City.

Les plaignants, quarantenaires et quinquagénaires aujourd’hui, avaient expliqué avoir été abusés sexuellement par Barry Bennell, 68 ans, qui purge actuellement une peine de trente ans d’emprisonnement pour des crimes pédophiles sur 12 garçons entre 1979 et 1991.

Le club « n’avait pas confié à Bennell le soin des victimes », selon le juge

Les faits se seraient déroulés entre 1979 et 1985, dans le nord-ouest de l’Angleterre, et les huit hommes affirment que Bennell était alors un recruteur pour les Citizens, ce que le club contestait à ces dates-là. Le juge a refusé les demandes d’indemnisation pour préjudice psychologique et, pour six d’entre eux, pour les pertes de revenus potentiels liées à la carrière de footballeur qu’ils n’ont jamais eue.

Il a estimé que le lien entre ces abus et les relations que Bennell entretenait avec le club était insuffisant pour rendre le club solidairement responsable. « Cette relation a donné à Bennell la possibilité de commettre ces crimes, mais le MCFC [Manchester City Football Club] n’avait pas confié à Bennell le soin des victimes », a-t-il expliqué. « Il s’ensuit qu’il n’a pas été démontré que le MCFC est légalement responsable des actes criminels commis par Bennell », a-t-il ajouté.

Les plaignants « choqués et désemparés »

L’avocat des victimes, David McClenaghan, a annoncé que ses clients étaient « choqués et désemparés » face la décision du tribunal et qu’ils allaient faire appel. « Bien que le juge admette qu’il y ait un lien entre Bennell et Man City et qu’il était bien recruteur pour eux, qu’il entraînait des équipes dans lesquelles le club recrutait et qu’il organisait des matchs de détection pour eux, le club échappe à toute responsabilité sur un détail », a-t-il déploré.

Manchester City a décliné tout commentaire, estimant que ce serait « inconvenant » en raison de l’appel qui devrait être déposé. City « s’est excusé sans réserve, à la fois personnellement [auprès des victimes] et publiquement, pour les souffrances inimaginables éprouvées après les abus qu’ils ont subis. Le club réitère ses excuses aujourd’hui », a indiqué une porte-parole.