Durban II : l'adoption de la Déclaration est «la réponse» de l'ONU à Ahmadinejad

ONU La Déclaration finale a été votée dès le mardi après-midi alors que la conférence se clôt vendredi...

Avec agence

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Le secrétaire général de l'ONU, Ban Ki-moon à la conférence de Durban II à Genève
Le secrétaire général de l'ONU, Ban Ki-moon à la conférence de Durban II à Genève — REUTERS/Denis Balibouse

Malgré le fiasco de la journée de lundi, les participants à la Conférence de l'ONU dite de Durban II ont adopté mardi à Genève par acclamations la Déclaration finale sur le racisme. Le texte devait initialement être soumis au vote vendredi, au dernier jour de la conférence, mais les diplomates ont décidé d'avancer le vote au lendemain du scandale provoqué lundi par les attaques contre Israël du président iranien Mahmoud Ahmadinejad.

L'adoption de ce texte est «la réponse» au discours antisémite du président iranien Mahmoud Ahmadinejad, a déclaré Navy Pillay, Haut commissaire de l'ONU pour les droits de l'Homme. A une question sur les conséquences pour la réputation de l'ONU des propos du président iranien, Pillay a expliqué: «le fait que le document ait été adopté par tous les Etats sauf neuf est notre réponse, que j'appelle un succès».

Selon Bernard Kouchner, l'adoption de la déclaration finale montre que le président iranien Mahmoud Ahmadinejad, qui voulait en faire une «tribune de la haine», a «échoué».

«Il y avait des craintes que d'autres pays se retirent»

«Les diplomates ont décidé d'accélérer le processus (d'adoption) pour empêcher d'autres pays de succomber à la tentation de partir après le tollé de lundi», a expliqué un diplomate sud-américain sous couvert de l'anonymat. «Il y avait des craintes que d'autres pays se retirent mais il y a eu une volonté de tous les pays de dire à la communauté internationale que nous ne voulions laisser quiconque faire dévier la conférence de son but originel», a reconnu l'ambassadeur égyptien Hisham Badr.

Un diplomate européen a cependant assuré à l'AFP que la décision d'adopter dès le deuxième jour le projet de texte qui avait été âprement négocié dans les mois ayant précédé la conférence «n'a rien à voir avec les dérapages du président iranien». «Nous nous étions mis d'accord pour que le texte soit adopté dès que possible», a ajouté la même source.

Texte nettoyé


Au final, le texte adopté a été nettoyé de tous les sujets de discorde. En particulier, les mentions d'Israël et de diffamation des religions, considérés comme des "lignes rouges" par les Occidentaux y ont été retiré tandis que le paragraphe sur la mémoire de l'Holocauste était maintenu, contre l'avis de l'Iran.

Il réaffirme également la Déclaration et Programme d'action de Durban (DDPA) de 2001, que les Etats-Unis avaient alors refusé d'adopter. Cette déclaration comporte en effet deux paragraphes traitant du conflit israélo-palestinien que Washington conteste, de même que celui sur le «sort du peuple palestinien vivant sous occupation étrangère» figurant au chapitre des «victimes du racisme».

Le Mexique tacle les absents


«Les pays qui ont boycotté la conférence, notamment ceux qui sont membres de l'Union européenne, vont avoir beaucoup de mal à expliquer leur attitude après l'adoption de ce texte», a commenté l'ambassadeur mexicain Luis Alfonso de Alba. «Le plus probable, c'est qu'ils n'ont pas lu le texte», a-t-il ironisé

Huit pays ont décidé de boycotter la conférence avant même son ouverture: Israël, Canada, Etats-Unis, Italie, Pologne, les Pays-Bas, l'Australie et la Nouvelle-Zélande. Ils ont été rejoints par la République Tchèque lundi soir, après l'esclandre du président iranien.