La diaspora tamoule crie sa colère alors que l'armée combat les Tigres

SRI LANKA Face au refus des rebelles de déposer les armes, les soldats ont donné l'assaut et auraient fait de nombreuses victimes parmi les civils...

MD (Avec agence)

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Les rebelles tamouls du Sri Lanka sont au bord d'une défaite militaire complète, a affirmé jeudi un ministre du gouvernement sri-lankais, dont l'armée mène depuis trois mois une offensive qu'elle présente comme "finale" contre un dernier carré de séparatistes dans le nord de l'île.
Les rebelles tamouls du Sri Lanka sont au bord d'une défaite militaire complète, a affirmé jeudi un ministre du gouvernement sri-lankais, dont l'armée mène depuis trois mois une offensive qu'elle présente comme "finale" contre un dernier carré de séparatistes dans le nord de l'île. — Ishara S. Kodikara AFP/Archives
Ils ont manifesté à Paris mais aussi un peu partout dans le monde. Les Tamouls se sont mobilisés ces derniers jours pour dénoncer la mort de «1.496 civils tamouls, dont 476 enfants» au Sri Lanka. Là-bas, l'armée progresse face aux rebelles. Les soldats grignotaient ce mardi le dernier territoire des Tigres, en plein exode de dizaines de milliers de civils, tandis que les rebelles accusaient les militaires d'avoir tué la veille 1.000 habitants tamouls.
 
Lancées dans leur assaut final dans le nord-est de l'île, les troupes sri lankaises ont réussi à couper en deux la bande de terre de 15km2 toujours aux mains des Tigres de libération de l'Eelam tamoul (LTTE), s'est félicité le ministère de la Défense.
 
50.000 civils en exode
 
Dans le même temps, l'exode de dizaines de milliers d'habitants tamouls de cette région s'est poursuivi ce mardi, filmé par les forces armées et montrant des colonnes de femmes, enfants, hommes et vieillards hagards quitter à pied ou à la nage la dernière poche des Tigres pour se réfugier en territoire gouvernemental. Depuis lundi, 50.000 civils ont fui la zone encore tenue par les insurgés, a évalué le porte-parole des forces armées, le général Udaya Nanayakkara.
 
Cet exode spectaculaire semble avoir été déclenché par le «sauvetage» ce week-end par l'armée de quelques milliers de Tamouls coincés avec le LTTE. Ces civils seraient donc encore 20.000 selon Colombo (la capitale), 50.000 d'après l'ONU, servant de «boucliers humains» aux Tigres. Le gouvernement a d'ailleurs accusé la guérilla d'avoir tué lundi 17 réfugiés, tandis que le LTTE a affirmé que les militaires avaient massacré ce même jour dans des bombardements plus de 1.000 civils. «Et aujourd'hui (mardi), un bain de sang est en cours», a ajouté la guérilla séparatiste, dans un rare communiqué, immédiatement démenti par le ministère de la Défense.
 
Les ONG craignent un bain de sang
 
Aucune information n'est vérifiable dans ce nord-est coupé du monde auquel seule la Croix-Rouge a accès. Celle-ci a ainsi jugé la situation humanitaire «catastrophique», disant redouter une «augmentation dramatique» du nombre de civils tués. L'organisation américaine Human Rights Watch a aussi déclaré «craindre un bain de sang», à l'occasion d'un dernier coup de butoir des militaires.
 
Colombo est convaincu qu'au terme de 37 ans de conflit, l'insurrection séparatiste tamoule ne tient plus qu'à un fil, alors qu'elle régnait jusqu'en 2007 sur 18.000 km2 dans le nord et l'est, sur lesquels elle voulait fonder un Etat indépendant. Acculé et invisible depuis 18 mois, le chef suprême des Tigres, Velupillaï Prabhakaran, avait jusqu'à ce mardi 7h30, pour se rendre. Mais comme «le LTTE n'a pas répondu à l'appel du gouvernement à déposer les armes, nous poursuivons notre opération de sauvetage des civils», a assuré le général Nanayakkara.