Haïti : Deux journalistes assassinés par un gang

INSTABILITE Les deux reporters, qui enquêtaient dans une zone disputée, ont été abattus lors d'une fusillade

20 Minutes avec AFP
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Une vue aérienne d'une rue vide de Port-au-Prince (Haïti) en octobre 2021.
Une vue aérienne d'une rue vide de Port-au-Prince (Haïti) en octobre 2021. — Matias Delacroix/AP/SIPA

Six mois après l'assassinat du président Moïse, Haïti descend un peu plus dans le chaos. Deux journalistes haïtiens ont été assassinés jeudi par un gang qui opère dans une zone en périphérie de la capitale d'Haïti, Port-au-Prince, a indiqué une station de radio qui employait l'une des deux victimes.

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Wilguens Louissaint et Amady John Wesley ont été tués lors d'une fusillade, a précisé à l'AFP l'employeur du second, Radio Ecoute FM. Un troisième journaliste qui les accompagnait a pu s'enfuir, selon la même source. Ces assassinats interviennent alors qu'Haïti est, depuis des mois, sous la coupe réglée de gangs dont l'emprise s'est largement étendue au-delà des quartiers défavorisés de Port-au-Prince.

La zone de Laboule 12, où les trois journalistes s'étaient rendus pour un reportage jeudi, fait l'objet d'intenses combats entre plusieurs bandes armées qui veulent s'en assurer le contrôle.Le chemin qui la traverse est l'unique voie alternative pour rejoindre la moitié sud du pays, faute de pouvoir emprunter la route nationale totalement contrôlée, depuis juin, par l'un des plus puissants gangs d'Haïti.

Près de 1.000 enlèvements l'an dernier

La crise politique dans ce pays pauvre des Caraïbes, encore aggravée par l'assassinat du président Jovenel Moïse il y a six mois, n'a fait que détériorer la situation sécuritaire. Au moins 950 enlèvements ont été recensés en Haïti en 2021, selon le Centre d'analyse et de recherche en droits humains, organisation basée à Port-au-Prince.

Sous-équipée face à des groupes criminels disposant d'un arsenal de guerre, la police haïtienne n'a pas organisé d'opérations d'ampleur contre les gangs depuis mars 2021.  Le 12 mars dernier, les forces de l'ordre avaient tenté d'intervenir dans un quartier de la capitale connu pour être utilisé par un gang comme lieu de séquestration de personnes enlevées. Quatre policiers avaient alors été tués, et leurs corps et du matériel n'avaient jamais pu être récupérés.