Pour Bernard Kouchner, Durban n'est «pas du tout un échec»

DIPLOMATIE Malgré les propos antisémites du président iranien, vingt-deux pays de l'UE ont décidé de ne pas boycotter le sommet...

MD (Avec agence)

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La chaise vide de la délégation israélienne à la conférence de Durban II sucite l'intérêt des photographes
La chaise vide de la délégation israélienne à la conférence de Durban II sucite l'intérêt des photographes — REUTERS/Denis Balibouse

La France ne quittera pas la table des discussions. La conférence sur le racisme «Durban II» de Genève n'est «pas du tout un échec» malgré les «insanités antisémites» proférées par le président iranien Mahmoud Ahmadinejad, a estimé ce mardi le ministre français des Affaires étrangères Bernard Kouchner.

«Ce n'est pas du tout un échec, mais le début d'un succès» a déclaré le ministre des Affaires étrangères sur «Europe 1», en justifiant le choix de ne pas boycotter la conférence par les avancées contenues dans le projet de déclaration finale. Malgré le départ des ambassadeurs de l'Union européenne durant le discours du président Ahmadinejad lundi, «nous n'avons pas quitté la conférence, et nous y revenons», a-t-il souligné.



Alors que la conférence de Durban I en 2001 avait vu un «déferlement de racisme», Durban II s'apprête à adopter «un texte où figure tout ce que nous souhaitions, tout ce que les pays occidentaux souhaitaient» même si «ce n'est pas parfait», a-t-il affirmé. «Nous avons travaillé des années pour avoir ce texte, certains de nos amis ont été convaincus, ceux que l'on appelle les arabes modérés, au Moyen-Orient, et nous ne pouvions pas les abandonner», a-t-il encore plaidé.

La discrimination contre les homosexuels, «on le fera la prochaine fois»

«Dans ce texte (...) tout ce que nous voulions mentionner, c'est à dire l'antisémitisme, la discrimination sur les personnes, la liberté d'expression, le génocide a été mentionné, la mémoire de l'Holocauste, les droits des femmes ont été mentionnés, la traite des êtres humains, les personnes atteintes du VIH, les personnes handicapées», a poursuivi Bernard Kouchner.

Interrogé sur le fait que les discriminations envers les homosexuels ne figuraient pas dans le texte, il a reconnu que «ça on n'a pas pu, on le fera la prochaine fois»

La France doit-elle quitter la conférence?

La Ligue contre le racisme et l'antisémitisme (Licra) a demandé, ce mardi, que la France quitte la conférence de l'ONU. «Quel crédit accorder à une conférence censée examiner les dispositions de lutte contre le racisme dont la vedette, entrée sous les acclamations du l'assemblée, est un individu raciste appelant à la haine de l'autre ?», demande la Licra.

«La stigmatisation d'Israël présenté comme un état raciste constitue une ligne rouge de l'Union Européenne qui vient d'être allègrement piétinée par le président iranien» Ahmadinejad, poursuit-elle. La réaction du président Nicolas Sarkozy appelant à une «extrême fermeté» face à ce genre de discours «doit se traduire par le départ certes tardif mais impératif de la France de cette conférence», estime la Licra.

Les Israéliens indignés


Un avis loin d'être partagé par les Israéliens, qui commémoraient, au lendemain du discours, la mémoire des six millions de victimes de la Shoah. Le président Shimon Peres a estimé que la conférence «a cautionné le racisme au lieu de le combattre». Il a dénoncé «tous ceux qui attaquent le seul pays au monde créé pour servir de refuge aux survivants de la Shoah, le seul pays qui en empêchera une nouvelle».

Le vice-Premier ministre Sylvan Shalom, participant à la Marche des Vivants qui doit réunir ce mardi quelque 7.000 participants au camp d'extermination d'Auschwitz en Pologne, a quant à lui affirmé à la radio publique que le programme nucléaire de l'Iran ne constituait pas seulement une menace «pour Israël, mais pour le monde» et a ajouté que «l'Iran est comme l'Allemagne d'Hitler».

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