Attaque du Capitole : Donald Trump renonce à s'exprimer pour l’anniversaire du 6 janvier

ETATS-UNIS L'ancien président devait s'exprimer jeudi depuis la Floride, ce qui lui avait valu des critiques dans son propre camp

20 Minutes avec AFP
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Donald Trump, le 24 novembre 2020 à Washington.
Donald Trump, le 24 novembre 2020 à Washington. — MANDEL NGAN / AFP

Les sénateurs républicains peuvent respirer. Donald Trump a fait volte-face mardi et renonce à donner une conférence de presse jeudi, un an exactement après l’assaut du Capitole par ses partisans. Dans un communiqué publié mardi, le républicain assure qu’il s’exprimera le 15 janvier, dans un meeting déjà prévu dans l’Arizona.



Il s’insurge à nouveau contre la « fraude » qui a selon lui, et sans qu’il n’en apporte aucune preuve, entaché la dernière élection présidentielle remportée par Joe Biden. « Le crime du siècle ! » écrit Donald Trump, que son adversaire démocrate a devancé de sept millions de voix.

L’ex-homme d’affaires n’apporte pas d’explication claire à l’annulation de la conférence de presse qu’il prévoyait depuis sa luxueuse résidence en Floride (sud-est). Il dit renoncer « à la lumière » de la commission parlementaire « biaisée et malhonnête » qui enquête sur son rôle et celui de ses proches dans cette attaque qui a traumatisé l’Amérique. Le républicain charge également les médias « Fake News », l’une de ces cibles favorites.

Critiques républicaines

L’annonce de cet événement, qui aurait coïncidé avec un moment de recueillement du Congrès américain à Washington, avait été reçue comme une provocation de plus par les critiques de l’ancien président. Mais la perspective de cette prise de parole semblait également embarrasser le camp républicain, sur lequel Donald Trump a pourtant une immense influence, avec une majorité des sympathisants du parti conservateur qui adhèrent à sa thèse du « vol » de la dernière élection.

« Je ne pense pas que ça soit une bonne idée », a répondu la sénatrice Shelley Moore Capito (Virginie occidentale). « Chacun a le droit d’avoir ses opinions, mais je pense que le pays a tourné la page », a abondé le Texan John Cornyn.

« Le comportement de Trump n’a sans doute pas de précédent dans l’histoire américaine. Aucun ancien président n’a à ce point tenté de jeter le discrédit sur son successeur et sur le processus démocratique », estime Carl Tobias, professeur de droit à l’université de Richmond.

Prise de parole de Joe Biden

La volte-face de Donald Trump laisse la voie libre à Joe Biden, qui prendra bien la parole jeudi depuis l’enceinte du Capitole, là même où des milliers de partisans de son adversaire républicain ont essayé d’empêcher le Congrès de certifier son élection. « Il va parler du travail qui reste à faire pour assurer et renforcer notre démocratie et nos institutions, pour rejeter la haine et les mensonges que nous avons vus le 6 janvier, pour unir le pays », a dit mardi sa porte-parole Jen Psaki.

Depuis son élection, Joe Biden semble répugner à s’en prendre frontalement à « l’autre type » ou « le gars d’avant » – les formulations employées par le président et par la Maison Blanche pour ne surtout pas nommer celui que, peut-être, il faudra à nouveau affronter lors de la présidentielle de 2024.

Officiellement, Joe Biden compte se représenter, et le républicain, lui, laisse entendre qu’il y songe. Pour Lara Brown, professeure de sciences politiques à l’université George Washington, « le président et la vice-présidente (Kamala) Harris ne peuvent pas aller sur ce terrain » de l’attaque verbale directe « parce qu’ils ne veulent pas donner l’impression d’une ''chasse aux sorcières'' » orchestrée depuis la Maison Blanche, pour reprendre une expression chère à Donald Trump.