Egypte : Le militant politique Ramy Shaath libéré après plus de deux ans de détention

FIGURE Il était détenu depuis juillet 2019 pour avoir voulu fomenter des « troubles contre l’Etat »

20 Minutes avec agences
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Un manifestant tient un drapeau égyptien lors d'émeutes au Caire (Egypte), le 2 février 2012.
Un manifestant tient un drapeau égyptien lors d'émeutes au Caire (Egypte), le 2 février 2012. — K.HAMRA / AP / SIPA

Le militant politique égypto-palestinien Ramy Shaath, détenu en  Egypte depuis plus de deux ans, a été libéré, a indiqué ce lundi une source judiciaire. L’homme de 48 ans, une figure de la révolution égyptienne de 2011 et le coordinateur en Egypte du mouvement Boycott, désinvestissement, sanctions (BDS, prônant le boycott d’Israël dans la lutte contre l’occupation des Territoires palestiniens, NDLR) était  détenu depuis juillet 2019 pour avoir voulu fomenter des « troubles contre l’Etat ».

Son épouse française, Céline Lebrun, avait, elle, été expulsée vers Paris au moment de son arrestation. « Rami Shaath a été libéré par le parquet général lundi soir », a affirmé la source judiciaire, sans donner plus de détails. « J’ai entendu parler de la décision mais d’après ce que je sais, il n’est pas encore sorti. On publiera une déclaration quand il sera dehors et dans l’avion », a déclaré sa femme.

Plus de 60.000 détenus d’opinion incarcérés en Egypte

En décembre, cinq organisations de défense des droits humains avaient interpellé le président français Emmanuel Macron sur le sort de ce militant, fils du dirigeant politique palestinien, Nabil Shaath. Un an plus tôt, au cours d’une visite à Paris du président égyptien Abdel Fattah al-Sissi le 7 décembre 2020, Emmanuel Macron avait affirmé s’être entretenu avec lui de « cas individuels », dont celui de Ramy Shaath. La situation de Ramy Shaath « fait l’objet d’un suivi attentif et est régulièrement abordée, y compris au plus haut niveau », a déclaré le mois dernier la porte-parole du ministère des Affaires étrangères, Anne-Claire Legendre.

Un autre militant égyptien des droits humains, le chercheur Patrick Zaki, a été libéré en décembre après 22 mois de détention mais encourt toujours jusqu’à cinq ans de prison pour « fausses informations » à cause d’un article dénonçant les discriminations contre les chrétiens. L’Egypte compte plus de 60.000 détenus d’opinion, selon des ONG. Les Etats-Unis estiment que le pays viole les droits humains dans tous les domaines et ont en conséquence gelé 10 % de leur aide.