Au Japon, des conducteurs de bus font la « grève de la gratuité » pour ne pas « impacter les passagers » ? C’était en 2018

FAKE OFF Un post très viral explique que des conducteurs de bus japonais ont fait grève en n'encaissant plus les passagers. Le mouvement s'est déroulé en 2018 dans la ville d'Okayama

Mathilde Cousin
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illustration d'un bus au Japon.
illustration d'un bus au Japon. — Ken Satomi/AP/SIPA

Une grève originale, qui remporte tous les suffrages sur  Facebook. Selon un post partagé des dizaines de milliers de fois sur le  réseau social, des  chauffeurs de bus ont fait grève  au Japon. « Ils n’encaissaient simplement plus les tickets afin d’impacter leur entreprise et non pas les passagers », peut-on lire.

Le post, qui dénonce en creux les perturbations dans les transports publics lors des mouvements sociaux dans l’Hexagone, ne précise pas quand a eu lieu cette grève, ni dans quelle ville elle s’est déroulée.

Les conducteurs protestaient contre l'ouverture d'une ligne concurrente aux tarifs moins élevés.
Les conducteurs protestaient contre l'ouverture d'une ligne concurrente aux tarifs moins élevés. - Capture d'écran Facebook

FAKE OFF

Ce mouvement n’est pas récent : il a eu lieu en avril 2018 dans la ville d’Okayama. Les chauffeurs de bus ont d’abord cessé de rouler pendant une heure sur une ligne de la ville, le 23 avril.

Le syndicat Ryobi a reconduit le mouvement le 26, en décidant cette fois-ci de rouler, mais de ne pas faire payer les passagers. Pour l’occasion, les chauffeurs avaient recouvert leur caisse d’un drap blanc, comme on le voit  dans ce reportage de la chaîne locale KSB 5ch. Le lendemain, la « grève de la gratuité » a été étendue aux lignes de tramway,  rapporte le site Nikkei.

Les chauffeurs protestaient contre l’ouverture d’une ligne concurrente meilleur marché. Celle-ci a finalement été ouverte. Les grévistes craignaient également la suppression, à terme, de plusieurs lignes déficitaires. Il  s'agissait de la première grève organisée par le syndicat en 63 ans d’existence.

Comme le rappelait The Guardian en 2018, des chauffeurs de bus australiens avaient déjà mené une « grève similaire en 2017. En France, cette technique de grève, aussi connue sous le nom de « grève de la pince », n’est pas légale.