La conférence sur le racisme vire au fiasco

Faustine Vincent

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La conférence de l'ONU, Durban II, devait être l'occasion de réfléchir aux moyens de lutter contre le racisme dans le monde. C'est raté. A son ouverture hier à Genève, elle s'est transformée en foire d'empoigne et tribune géante pour le président iranien Ahmadinejad, dont les déclarations racistes ont provoqué un tollé dans les rangs des pays occidentaux.

Comme le craignaient les neuf pays qui ont boycotté la conférence - dont les Etats-Unis -, Mahmoud Ahmadinejad a de nouveau tenu des propos anti-israéliens. Il a qualifié l'Etat hébreu de « gouvernement raciste », provoquant aussitôt le départ, sous les huées, des vingt-trois délégués européens présents. La France, représentée sur place par l'ambassadeur de France auprès des Nations unies, a appelé l'Union européenne a une « extrême fermeté » après le discours du président iranien, qualifié d'« appel intolérable à la haine raciste ». Washington a fustigé des propos « honteux », « exécrables ».

De son côté, le secrétaire général des Nations unies, Ban Ki-moon, a dit « déplorer l'utilisation de cette plate-forme par le président iranien pour mettre en accusation, diviser et même provoquer ». Il avait invité tous les chefs d'Etats à venir à la conférence, mais Mahmoud Ahmadinejad est le seul à avoir accepté de venir. « Malheureusement... Ce n'était pas le meilleur », soupire Pierre Hazan, porte-parole de la conférence à l'ONU. « Le pire scénario s'est réalisé, regrette-t-il. Le président iranien a instrumentalisé la conférence pour avancer ses thèses. » Selon lui, le boycott de grands pays démocratiques à cette conférence est « regrettable : s'ils étaient venus, le centre de gravité aurait été différent et les problèmes de fond auraient été abordés ». Il espère toutefois que la discussion puisse reprendre aujourd'hui une fois l'orage passé. A condition que les pays ayant quitté la salle hier reviennent. En ce qui concerne la France, le Quai d'Orsay nous a affirmé hier qu'« il n'est pas prévu que nous nous retirions de cette conférence. Le geste des ambassadeurs de l'UE était un geste de protestation, mais pas de retrait définitif. » La conférence Durban II, qui succède à celle de Durban I, déjà chahutée, en 2001, s'achève vendredi. W