Le sort d'une journaliste entre les mains de Téhéran

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L'Iran fait un premier pas dans le dossier Roxana Saberi. Hier, le pouvoir judiciaire iranien a demandé une procédure d'appel « rapide et juste » pour cette journaliste irano-américaine, condamnée à huit ans de prison pour espionnage au profit des Etats-Unis. La veille, le président Ahmadinejad est même intervenu publiquement sur cette affaire de justice, ce qu'il ne fait jamais d'habitude, en demandant de faire « le nécessaire pour assurer le respect de la justice et l'exactitude dans l'examen des accusations » portées contre Roxana Saberi. Cette femme, âgée de 31 ans, a été jugée lundi dernier lors d'un procès à huis clos expédié en vingt-quatre heures. Elle avait été interpellée fin janvier à Téhéran, où elle vivait depuis 2003. Son avocat Abdolsamad Khoramshahi, qui a prévu de faire appel, a qualifié l'intervention du chef du pouvoir judiciaire de « pas en avant ».

L'annonce du jugement de la journaliste, puis sa condamnation, sont survenues alors que Washington pratique la politique de la « main tendue » envers Téhéran, les deux pays ayant rompu leurs relations diplomatiques depuis 1980. Barack Obama a appelé dimanche à la libération de la journaliste, démentant ses activités d'espionnage. Il n'est pas exclu que Roxana Saberi puisse servir de monnaie d'échange pour la libération de trois Iraniens arrêtés par les forces américaines en Irak en janvier 2007. Ce qu'a démenti Téhéran. W