Haïti : Le Premier ministre se dit victime d’une tentative d’assassinat

CRISE Ariel Henry, qui assure de fait la gestion des affaires courantes depuis l’assassinat du président le 7 juillet, a dû fuir une cérémonie samedi sous des rafales de tirs d’armes à feu

20 Minutes avec AFP
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Ariel Henry, Premier ministre d'Haïti, à Port-au-Prince le 28 septembre 2021.
Ariel Henry, Premier ministre d'Haïti, à Port-au-Prince le 28 septembre 2021. — Odelyn Joseph/AP

L’instabilité politique en toujours grande en Haïti. Le Premier ministre Ariel Henry a dénoncé lundi une tentative d'  assassinat​ contre sa personne, lors des célébrations de la fête nationale organisées samedi dans la ville des Gonaïves.

« On a tenté quelque chose contre moi, personnellement », a affirmé le chef du gouvernement, qui dit se sentir « dans la ligne de mire des gens ». Ariel Henry assure de fait la gestion des affaires courantes depuis l’assassinat du président Jovenel Moïse par un commando armé le 7 juillet.

Un impact de balle sur le pare-brise du Premier ministre

Des affrontements entre la police et des groupes armés ont éclaté samedi lors des célébrations de la fête nationale aux Gonaïves, à 150 km au nord de la capitale Port-au-Prince. Sous des rafales de tirs d’armes à feu, Ariel Henry et les officiels présents ont été contraints de fuir précipitamment la ville où la déclaration d’indépendance d’Haïti a été signée, le 1er janvier 1804. Sur des photos transmises par son bureau, un impact de balle est visible sur le pare-brise du véhicule blindé du Premier ministre.

Fin décembre, des groupes de citoyens et membres de bandes armées des Gonaïves, troisième plus grande ville du pays, avaient violemment exprimé leur opposition à la venue du Premier ministre. « Je savais que je courais ce risque », a confirmé Ariel Henry. Mais « on ne peut pas accepter que des bandits de quel que milieu qu’ils soient, pour des raisons bassement pécuniaires, veuillent faire du chantage à l’État », a-t-il ajouté, précisant que des membres de gangs ont demandé de l’argent en échange d’une visite sans attaque aux Gonaïves.

Deux ans sans parlement fonctionnel

L’assassinat du président haïtien dans sa résidence privée a amplifié la profonde crise politique dans laquelle le pays de la Caraïbe est englué depuis des années. Si plusieurs citoyens haïtiens, deux Américains d’origine haïtienne et une quinzaine de ressortissants colombiens, présumés impliqués dans le meurtre de Jovenel Moïse, sont incarcérés à la prison de Port-au-Prince depuis cet été, l’enquête sur l’attentat contre le chef de l’État ne montre aucun signe de progrès.

Sans parlement fonctionnel depuis deux ans et avec un pouvoir judiciaire paralysé par le manque de juges à la plus haute cour du pays, Haïti s’enfonce dans une crise de gouvernance qui aggrave la pauvreté déjà endémique. La mainmise grandissante des gangs mine les espoirs d’amélioration des conditions de vie de la population, victime des enlèvements crapuleux commis quotidiennement par les bandes armées. Toutefois, deux ans après le départ des derniers policiers des Nations unies du pays, le Premier ministre assure que les forces nationales sont à même de restaurer la sécurité. Au moins 950 enlèvements ont été recensés dans le pays en 2021, selon le Centre d’analyse et de recherche en droits humains, organisation basée à Port-au-Prince.